23% des Français refuseraient le vaccin contre la Covid-19

Si un vaccin était disponible dans les prochaines semaines, un quart de la population ne voudrait pas se faire vacciner, selon les données de l’étude Coconel réalisée par l’Ecole des hautes études en santé publique.

Un homme avec un masque de protection se fait vacciner.

Dans le monde, la course au vaccin contre la Covid-19 est lancée depuis plusieurs mois. Si tous les chercheurs sont à pied d’œuvre pour mettre au point un traitement et un vaccin contre le nouveau coronavirus, certains Français restent sceptiques.

Interrogés par l’Ecole des hautes études en santé publique dans le cadre de l’étude Coconel, 23% des Français ont d’ailleurs indiqué qu’ils refuseraient de se faire vacciner si un traitement contre le coronavirus était découvert. “La raison principale évoquée était l’idée que ce vaccin ne serait pas sûr“, a expliqué ce mardi 16 juin, Jérémy Ward, sociologue, sur franceinfo. Précisément, 15% des sondés expliquent qu’ils refuseraient le vaccin car celui-ci serait élaboré dans l’urgence et donc trop dangereux pour la santé. Parmi le panel, 6% des sondés assurent être contre la vaccination en règle générale et 2% jugent le vaccin inutile car le virus “est de toute façon peu dangereux“.

Faire preuve de transparence

Des réticences détaillées par le sociologue : “On les retrouve plus particulièrement chez les publics les plus vulnérables avec les revenus les moins importants. On a aussi constaté qu’il y avait un fort effet de la politisation puisque ces doutes étaient beaucoup plus présents chez les personnes se sentant proches des partis soit d’extrême droite, soit d’extrême gauche, mais aussi chez les personnes ne se sentant proches d’aucun parti ou s’étant abstenues au premier tour de la présidentielle de 2017“. D’ailleurs, les femmes (à plus de 30%) et les jeunes (près de 40%) sont les moins favorables au vaccin.

Afin de rassurer la population, le sociologue plaide pour la transparence au micro de franceinfo : “Pour l’instant, on a finalement assez peu parlé des conditions concrètes de fabrication de ces vaccins, donc ce sont plutôt les conditions imaginées par une partie du public [qui inquiètent]. Mais ça souligne à quel point il est vraiment important aujourd’hui de faire preuve de transparence et de communiquer sur ces procédures par lesquelles ces vaccins vont être produits, testés, etc.”

Une méfiance française

Si Jérémy Ward reconnaît qu’autour de 25% de la population émet régulièrement des doutes sur la vaccination, il assure avoir été surpris par ces résultats concernant un possible vaccin contre la Covid-19 : “Mais quand on regarde dans le détail, ces doutes sont ciblés sur des vaccins qui font l’objet de débats publics ou des vaccins dont une partie de la population ne voit pas très bien l’intérêt, par exemple le vaccin contre la grippe. Là, c’est un cas particulier puisqu’on a réalisé ces enquêtes au cours du mois d’avril, à un moment où le nombre de morts augmentait énormément, c’est une période pendant laquelle il n’y avait pas de débat particulier sur le danger de ce vaccin puisque d’ailleurs il n’y avait pas beaucoup d’évocations de ce vaccin dans les médias. Donc oui, ça m’a beaucoup étonné“.

En comparaison avec les autres pays du G7, c’est en France qu’il y a le plus de réticences vis-à-vis de ce futur vaccin. L’Etat et le laboratoire Sanofi ont décidé de s’associer dans la recherche d’un vaccin. Le groupe pharmaceutique va investir 490 millions d’euros dans une nouvelle usine en France. Emmanuel Macron a annoncé la mise à disposition d’une enveloppe de 200 millions d’euros dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir.

Source: SanteMagazine.fr

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