Arrêter de fumer : comment la réalité virtuelle peut aider

Une méthode innovante pour arrêter de fumer a montré les preuves de son efficacité. On vous explique.

Patchs à la nicotine, cigarette électronique, psychothérapie… ces méthodes de sevrage tabagique sont bien connues. Une nouvelle approche, la réalité virtuelle, peut aussi nous venir en aide. Elle s’inspire du traitement des phobies par les thérapies cognitives et comportementales, où l’objectif est de se confronter progressivement à l’objet de sa phobie afin de l’apprivoiser et s’en débarrasser.

Apprendre à lâcher-prise

Dans le sevrage tabagique, “la thérapie par réalité virtuelle est toujours précédée de trois séances de psychothérapie et de relaxation, afin de lutter contre le craving : cette envie incompressible et soudaine de fumer. On apprend aux patients à mieux comprendre et gérer cette émotion intense mais fugace, en modifiant leurs pensées (par exemple, se dire qu’une soirée chez des amis sans fumer sera quand même une bonne soirée) et en pratiquant la relaxation. Il ne s’agit pas de contrôler ses émotions, mais de lâcher prise pour mieux agir ensuite”, explique le Dr Eric Malbos, psychiatre à l’hôpital de la Conception à Marseille.

D’abord, accepter ses émotions

Place à six séances de réalité virtuelle. Casque 3D sur la tête, le patient est guidé par le thérapeute qui suit ses déplacements sur son ordinateur. Il est immergé dans des situations virtuelles où la tentation de fumer est grande : un embouteillage, une soirée entre amis, un bar… Des personnages de synthèse, très réalistes, fument devant lui, lui proposent une cigarette… “Là, le patient doit appliquer les méthodes apprises pour gérer le craving. Cette thérapie n’enseigne pas l’art de la résistance : il faut accepter ses émotions et son envie de fumer. Mais s’orienter à la place vers de la relaxation ou une activité qui va créer une émotion : écouter de la musique, embrasser son compagnon… Ainsi le patient pourra se libérer de la cigarette”, explique le Dr Malbos.

72% de réussite après deux mois

L’efficacité de cette méthode a été testée à l’hôpital de la Conception à Marseille, sur 97 personnes*. “72% des patients n’ont pas rechuté après 8 semaines de suivi, indique le Dr Malbos. On note aussi une diminution du craving. Nous publierons en 2021 les résultats d’un suivi sur 12 mois”. Des études à venir vont aussi évaluer l’efficacité de combinaisons de traitements (réalité virtuelle et patchs à la nicotine, par exemple) avec l’espoir d’en optimiser les effets.

Téléconsultation possible

Avec cette méthode, on peut aussi être traité à distance, à condition de posséder un casque de réalité virtuelle (entre 400 et 500€) et les logiciels adaptés. Le praticien contrôle, de son cabinet, les environnements virtuels et interagit avec son patient.

Où trouver un praticien?

700 psychiatres et psychologues, répartis un peu partout en France, sont formés et disposent du matériel nécessaire pour prendre en charge des patients grâce à la réalité virtuelle. Une liste de ces praticiens est disponible sur www.psy.live. Les tarifs varient pour chaque professionnel, selon qu’ils sont conventionnés ou non, entre autres.

*résultats publiés en 2018 dans l’Annual Review of Cybertherapy and Medicine

Par Brigitte-Fanny Cohen

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Source: Femmeactuelle.fr

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