Attention, trop de substances chimiques dans les protections pour incontinence

L’Anses alerte sur les risques liés au port prolongé et continu des protections contre l’incontinence pour des personnes souffrant de lésions cutanées au niveau du siège. Les experts ont identifié des dépassements de seuils sanitaires pour plusieurs substances chimiques.

Une femme tient une couche de protection dans les mains.

En France, plus de trois millions de personnes sont affectées par des troubles urinaires et fécaux. Ce mardi 23 juin, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alerte sur la dangerosité des protections pour incontinence lourde. En 2018, l’Agence avait étésaisie par la Direction générale de la santé et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Cette dernière lui avait demandé d’évaluer la sécurité des protections concernant l’allergie, les infections ou l’intolérance, et les risques chimiques, par contact cutané ou par contact avec les muqueuses.

Les experts ont identifié des dépassements de seuils sanitaires pour plusieurs substances chimiques contenues dans les protections périodiques pour les personnes souffrant de certaines lésions cutanées. Ainsi, lors d’essais menés en 2017-2018, les scientifiques avaient mis en évidence la présence de différentes substances chimiques dangereuses comme les dioxines, furanes et PCB‑DL et le formaldéhyde. Toutes proviendraient de la contamination des matières premières ou des procédés de fabrication utilisés. Ces différentes substances peuvent notamment migrer dans l’urine et entrer en contact prolongé avec la peau, précise l’Anses. Si la situation n’est pas inquiétante tant que la peau reste saine, il en va différemment quand des lésions apparaissent. Portées sur le long terme, c’est-à-dire pendant plus d’un an, elles peuvent « entraîner un risque sanitaire pour les populations âgées ou jeunes souffrant de lésions de la peau au niveau du siège », alerte l’Anses. Cependant, quand le port est prolongé le risque d’apparition de lésions cutanées s’avère d’autant plus important.

Modifier la composition

Ainsi, l’Anses recommande aux fabricants d’agir rapidement sur la composition des protections. Pour cela, elle demande la suppression de toutes substances parfumantes dans la composition des protections pour incontinence, en priorité celles présentant des effets irritants et sensibilisants cutanés. Afin de limiter les substances chimiques, les experts préconisent également « d’améliorer les procédés de fabrication afin de réduire autant que possible la présence de substances chimiques indésirables dans les matériaux constituant les changes complets ». Par ailleurs, l’Anses réclame une meilleure maîtrise de l’origine des matières première naturelles qui peuvent être contaminées. Elles le sont parfois avant même la fabrication. Toujours à l’intention des fabricants, l’Anses juge urgent de « mieux documenter la nature des matières premières composant ces produits et de les afficher sur les emballages afin d’en informer les utilisateurs ». Dans son rapport, les experts de l’Anses s’adressent également aux professionnels de santé. Ils encouragent les praticiens à veiller au respect des bonnes pratiques d’utilisation des protections pour limiter au maximum les risques d’altération cutanée au niveau du siège des patients. Enfin, dès l’apparition d’effets indésirables liés au port des protections, il est recommandé de se rendre sur le Portail dédié au signalement des évènements sanitaire indésirables.

Source: SanteMagazine.fr

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