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Avec le « Supersevens », le rugby à VII français veut transformer l’essai du professionnalisme

Ils ont eu une semaine pour changer de sport. Avec une équation simple : être seize pour passer de quinze à sept. Samedi 1er février, dans l’enceinte de l’Arena de la Défense, les quatorze clubs du Top 14, rejoints pas les équipes de Monaco et des Barbarians, disputent la première édition du championnat de France de rugby à VII. « Un festival rugbystique », promet le président du Racing 92, Jacky Lorenzetti, qui évolue à domicile.

Du professionnalisme, ledit championnat, qui se déroule sur une journée pour sa première édition avant de fonctionner en plusieurs phases, en a déjà adopté le « naming ». Et c’est un cabinet d’expertise comptable qui accole son nom à la compétition, moyennant un conséquent chèque. « Ce n’est pas tous les jours qu’on lance une nouvelle ligue de sport professionnel », salue Paul Goze, le président de la Ligue nationale de rugby, à l’initiative de l’opération.

Pendant toute la journée, de 10 heures à 22 h 30, les rencontres s’enchaîneront sur la pelouse de l’enceinte altoséquanaise. Des matchs – 28 au total – de sept minutes à élimination directe, auxquels tous les clubs sont sommés d’envoyer au moins trois joueurs de leur équipe professionnelle (à XV), le Top 14 faisant relâche ce week-end en raison de l’ouverture du Tournoi des six nations. Et pour les joueurs, la transition du jeu à XV à celui à VII, plus rapide et multipliant les crochets et passes précises, a dû se faire en vitesse.

Parmi les têtes connues censées appâter les spectateurs – le reste des équipes étant composé de jeunes joueurs –, on remarque Juan Imoff et Brice Dulin (Racing 92), Lucas Tauzin et Arthur Bonneval (Toulouse), Timoci Nagusa (Montpellier), Jean-Marcellin Buttin (Lyon) ou encore Marc Andreu (La Rochelle).

Vice-président de la LNR chargé du développement du rugby à VII, Jean-Marc Manducher raconte la genèse de ce tournoi. « Il y a cinq ans, on est tombés sur un sport qui commençait à se développer au niveau des équipes nationales et on a voulu prendre le train en marche. » Car le « sept » ne manque pas d’atours. Sport olympique depuis 2016, « cette autre forme de jeu est très porteuse dans le rugby féminin », poursuit l’ancien dirigeant d’Oyonnax. Et permet au rugby français de développer un autre type de jeu.

D’autant que si le rugby à VII est désormais sport olympique, il peine à faire son trou dans l’Hexagone, où le XV domine tout. A la différence d’autres nations, comptant également un championnat de rugby à XIII, ou des compétitions à VII. Et ce championnat, qui vise également à conquérir un public nouveau, a pour objectif de faire sortir des joueurs en vue des Jeux olympiques de Paris, en 2024.

« C’est le but assumé, insiste Paul Goze. Pour les Jeux de 2020, ça va être un peu juste, c’est demain déjà. Mais pour ceux de 2024 ou 2028 et au-delà, le fait qu’il y ait un vivier de joueurs qui jouent à sept pendant la saison puis avec l’équipe de France va permettre d’avoir une équipe qui monte à niveau et d’avoir des résultats. »

Les statuts du nouveau championnat prévoient de libérer des joueurs pour les échéances internationales. Et à la différence du XV de France, où l’on part des clubs pour composer l’équipe de France, au rugby à sept, l’irrigation se fait de l’équipe de France vers les clubs, antériorité de l’équipe nationale oblige. Les spécialistes du VII de France ont dispensé leurs conseils aux clubs, pour mettre en place leurs équipes – une obligation pour toutes les formations de l’élite.

« C’est la création d’un nouveau sport professionnel en partant de zéro, qui ressemble au rugby, s’enflamme Paul Goze, le patron de la LNR. Il n’y avait pas d’équipes, il fallait les créer. C’est un travail énorme. » Selon la Ligue, si le développement suit son court, les clubs de Pro D2, la seconde division, pourraient rapidement rejoindre l’aventure.

« C’est le sport de l’avenir, analyse l’Argentin du Racing 92 Juan Imhoff, qui a pris part aux Jeux de Rio avec son pays. Quand on le compare au XV, on se dit qu’il y a des choses similaires mais le VII est plus simple à voir et il y a beaucoup plus de vitesse. C’est ce que les gens aiment le plus. »

Une fois cette journée événement achevée, et le premier titre remporté, une nouvelle formule sera mise en place, sur plusieurs journées, avec une phase finale en novembre prochain. Il y aura donc deux champions de France de rugby à VII en 2020. « Disons qu’il y aura le premier champion de France, et le champion de France 2020 », nuance Paul Goze.

Source: lemonde.fr

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