Famille

« Bébés coca » : ce phénomène inquiétant signalé par les professionnels de santé

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Des dents tachées, cariées et qui doivent être arrachées. C’est ce que vivent de nombreux jeunes enfants des Hauts-de-France, parce que leur biberon contient des boissons sucrées. Un constat inquiétant dressé par des professionnels de santé et de la petite enfance, mis en exergue dans une enquête de Médiacités.

C’est un phénomène mis en lumière par Médiacités, un journal en ligne d’investigation locale, dans une enquête publiée le 10 juin : les « bébés coca ». Derrière cette expression à première vue amusante se cache une réalité préoccupante, celle de très jeunes enfants aux dents particulièrement abîmées. En cause ? La consommation de boissons sucrées.

Des biberons contenant des boissons sucrées à l’origine de multiples caries

Dans les Hauts-de-France, de nombreux bébés consommeraient ainsi des biberons contenant ce type de boisson. Résultat : « Nous voyons parfois des patients d’un an qui ne possèdent que quatre dents, toutes cariées. Il ne reste alors plus que les racines et nous n’avons pas d’autre solution que les extraire », explique à Médiacités Angéline Leblanc, une dentiste qui a soutenu une thèse au CHU de Lille sur les caries précoces.

Si l’expression « bébés coca » est employée par certains professionnels de santé pour parler de ces enfants, ce phénomène est aussi appelé « syndrome du biberon ». Les enfants concernés sont ceux qui ont à disposition un biberon contenant un produit sucré et/ou acide tels que le soda, comme l’expliquait sur la 1èrele Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et porte-parole national de l’Union Française de la Santé Bucco-Dentaire (UFSBD). Il précisait que le sucre est transformé en acide par les bactéries, ce qui augmente le risque de caries, tandis que « l’acidité va déminéraliser l’émail des dents, créer des micro trous », ce qui augmente également le risque de caries.

Les « bébés cocas » favorisés par les inégalités sociales

Pour les besoins de son enquête, Virginie Menvielle, la journaliste de Médiacités qui s’est intéressée aux « bébés coca », a interrogé des professionnels de santé et de la petite enfance des Hauts-de-France. Il expliquent avoir du mal à venir à bout de ce fléau, favorisé par les inégalités sociales.

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« Nous accompagnons des parents en grande précarité sociale, qui ne savent parfois pas lire. Ils pensent bien faire et n’ont pas conscience que ce qu’ils font consommer à leurs enfants peut être nocif. Certains ne reçoivent que des biberons de Coca ou d’Ice tea… », explique Stéphanie Leclerc, responsable du pôle petite enfance de la métropole lilloise au sein de l’Établissement public départemental pour soutenir, accompagner, éduquer (EPDSAE) de Lille.

Un constat partagé par Angéline Leblanc, qui précise que si les enfants, toute classe sociale confondues, consomment trop de sucre, les familles « les plus aisées vont aller chez le dentiste dès la première tache et ne se retrouveront pas avec des enfants en grande souffrance à qui il faut arracher des dents ».

Hygiène dentaire des enfants : les professionnels militent pour plus de prévention

Cette mauvaise connaissance des risques liés à la consommation de boissons sucrées dès le plus jeune âge a des conséquences sur le long terme. C’est la raison pour laquelle la prévention est indispensable.

Certains professionnels de la petite enfance militent par exemple pour la présence d’étiquettes « interdit aux moins de 6 ans » sur les sodas, tandis que d’autres distribuent des flyers sur l’hygiène dentaire. La dentiste Angéline Leblanc estime quant à elle que les petites bouteilles de concentré de fruits présentes dans les rayons de produits infantiles des supermarchés devraient être interdites, comme elle l’indique à Médiacités.

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Source: Femmeactuelle.fr

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