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Bernard Stiegler (1952-2020): “Le capitalisme contemporain détruit le désir, la foi dans l’avenir et la confiance!”

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Remède et poison : un “pharmakon” à lui tout seul. Les outils et les mots du philosophe étaient un venin contre la bien-pensance numérique et technique. Ils étaient tout autant un remède dans une double volonté de subvertir les logiques du monde industriel et économique, de toujours transmettre au plus près du terrain.



Bernard Stiegler a toujours combattu les dérèglements du monde. En 2005, il avait créé Ars industrialis, une association qui visait à démocratiser les savoirs sur les nouvelles technologies et à tracer les pistes d’une économie contributive (travail collaboratif, logiciels libres).
Son constat, en entame de cet entretien, était sans appel :

Le système consumériste du capitalisme contemporain va s’écrouler… Il détruit le désir, la motivation, la foi dans l’avenir et la confiance. Il est toxique au niveau environnemental, toxique au plan mental pour les jeunes générations. Il est toxique sur le plan économique qui ne marche qu’à la productivité et à la dissimulation d’insolvabilité. Regardez la crise des “subprimes” et cette façon de mettre la poussière sous le tapis…

Bernard Stiegler. Des mots de minuit, 17 octobre 2012.

Bernard Stiegler
17 octobre 2012

De l’homme , on retiendra ici que jeune, il passa à l’acte et fit cinq ans de prison (1978-1983) pour braquage de banques.
Il y rencontra la philosophie et finira sa thèse au mitan des années 90 avec Jacques Derrida. Qu’il dirigea l’Ircam (Institut de recherche et de coordination acoustique-musique), l’Ina (Institut national de l’audiovisuel), fonda l’Iri (Institut de recherche et d’innovation).
Que plus récemment il signait, dernière illustration de ses engagements et de sa sensibilité :
Qu’appelle-t’on penser ? La leçon de Greta Thunberg(Ed. Les liens qui libèrent)


Dans cette émission est notamment évoqué :

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“… Que la rationalisation qui caractérise les sociétés industrielles conduise à une régression vers la déraison n’est pas une question nouvelle. Les philosophes de l´École de Francfort avaient averti dans leur analyse des industries culturelles du danger et de la nécessité de se prémunir contre ce retournement. Or cette question a été abandonnée. Plus grave, l´Université est touchée. Si l´Université n’est plus guidée par le savoir, où allons-nous ? Bernard Stiegler alarme : la raison s’est dé-formée, avec la transformation des rapports au savoir induite par le « désencastrement » du marché, l’extension du management, les nouvelles technologies – phénomènes qui conduisent à un regain de scientisme et à une prolétarisation des esprits …”

Source: francetvinfo.fr

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