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Biotech : le Made in Germany en question

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Ce sont trois succès de la biotechnologie made in Germany, annoncés en l’espace de quelques mois, qui ont mis au jour le potentiel jusqu’ici peu connu du grand public de ce secteur industriel en Allemagne. Le 7 octobre, la Française Emmanuelle Charpentier, directrice de laboratoire au sein de la prestigieuse société de recherche fondamentale Max Planck, remportait avec l’Américaine Jennifer Doudna le prix Nobel de chimie pour la technologie Crispr-Cas9, considérée comme une révolution en génétique.

Le 9 novembre, BioNTech, une start-up installée à Mayence sortait pour le groupe pharmaceutique Pfizer le tout premier candidat vaccin testé contre le Covid-19, levant une vague mondiale d’espoir de voir la pandémie se terminer. Et CureVac, une autre biotech basée à Tübingen, s’estime également bien partie pour proposer un vaccin performant dans les prochaines semaines.

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Ces trois réussites majeures, enthousiasmantes, révèlent aussi la fortune en demi-teinte de la scène biotechnologique allemande. Côté pile, des chercheurs étrangers comme Emmanuelle Charpentier louent la liberté de recherche et la dotation publique dont ils bénéficient en Allemagne, notamment au sein de l’Institut de recherches Max Planck, surnommé la « machine à Nobel ».

Côté face, les biotech made in Germany, contrairement aux Américaines, peinent à trouver des capitaux pour développer leurs idées jusqu’au stade commercial. Les rares qui émergent sont celles qui ont réussi à convaincre des fonds américains ou les quelques investisseurs privés allemands ayant les reins assez solides pour assumer le risque. Car en biotechnologie, il faut de très longues années pour faire émerger un produit, les sommes à débourser sont gigantesques et les retours sur investissements, très incertains.

Ainsi en est-il de BioNTech. Au-delà de l’histoire du couple de scientifiques d’origine turque, Özlem Türeci et Ugur Sahin, qui ont créé en 2008 cette biotech aujourd’hui mondialement connue, il y a aussi celle de leurs investisseurs. BioNTech doit son existence et sa maîtrise de la technologie de l’ARN (acide ribonucléique) messager à deux milliardaires allemands, les frères Strüngmann. Ce sont eux qui ont parié le plus tôt sur le talent du couple de scientifiques et accompagné leur développement depuis près de quinze ans.

Andreas et Thomas Strüngmann, frères jumeaux de la région de Tegernsee, en Bavière, ont fait fortune en 2005, en vendant leur entreprise de médicaments génériques Hexal au groupe pharmaceutique suisse Novartis pour 5,6 milliards d’euros. Depuis, ils consacrent leur fortune au financement des sociétés de biotechnologie. En 2007, ils apprennent que l’entreprise de Mayence, Ganymed, fondée par le couple Türeci-Sahin, est à court de financement. La biotech travaille alors sur une technologie de traitement du cancer, qui semble prometteuse, mais n’est pas encore aboutie.

Source: lemonde.fr

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