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Césarienne : comment s’en remettre ? Les conseils d’un ostéopathe

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Tiraillements, douleurs, sentiment d’accouchement « raté », les femmes qui ont subi une césarienne n’en ressortent pas indemnes. Adam Kanner, ostéopathe, donne des conseils pour se reconnecter à son corps après cette épreuve.

Une femme sur cinq accouche par césarienne en France. Au-delà de la cicatrice, cette expérience laisse des marques profondes et peut même ébranler la relation maman-bébé. Quelles sont les conséquences liées à la cicatrice et comment entamer un processus de cicatrisation global ? Les réponses d’Adam Kanner, ostéopathe et auteur de « Après la césarienne« , ed. Courrier du livre.

Des cicatrices multiples

La césarienne laisse une empreinte visible sur la peau. Pourtant, d’autres cicatrices existent à l’intérieur du corps. Au moment de la césarienne, plusieurs tissus sont incisés : la peau mais aussi les muscles abdominaux, (incision du fascia et écartement des grands droits), et l’utérus. « Chacune de ces cicatrices crée des tensions, des rétentions de mouvement dans les échanges cellulaires« , note Adam Kanner, ostéopathe et créateur de la méthode d’harmonisation globale des cicatrices. « La cicatrice crée des tiraillements locales et à distance. La césarienne peut entraîner des douleurs au dos ainsi que des cervicalgies« .

Des troubles digestifs

Douleurs, crampes, troubles du transit, la césarienne peut également être responsable de troubles digestifs. « Le péritoine, incisé au moment de la césarienne, est une membrane qui enveloppe le système digestif et qui est relié à la colonne vertébrale », décrypte l’ostéopathe. « Cela peut faire bouger un peu les intestins« . Cette incision modifie la mobilité des organes digestifs. On constate deux fois plus de douleurs abdominales après une césarienne (10,9%) qu’après un accouchement par voie basse (5,5%).

Une sensibilité différente

La césarienne peut modifier la sensibilité cutanée. La zone peut être hypersensible, ou au contraire devenir insensible. « Ce n’est pas une question de nerfs coupés, c’est une problématique de relation et de conscience avec cette partie du corps« , explique Adam Kanner. « Quand on n’a plus de sensibilité dans cette zone, on se sent vulnérable. Dès que le ventre est en contact avec une surface, les frottements peuvent gêner. Il faut remettre du mouvement pour retrouver de la sensibilité ».

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Un lien mère-bébé fragilisé

Du point de vue psychologique, la césarienne peut être un bouleversement, notamment quand on s’était représenté un accouchement naturel. « C’est vécu différemment selon la façon dont cela a été annoncé, l’équipe médicale, l’histoire de la femme… » constate l’ostéopathe. « Si on fait un détour par la biologie, on s’aperçoit que chez les mammifères (chèvre, girafe…), la femelle ne reconnaît pas sa progéniture en cas de césarienne. Chez l’humain, la femme compense avec le néocortex : elle se projette pour créer du lien. Mais il se peut que dans la partie archaïque du cerveau de la mère, c’est comme si l’accouchement n’avait pas existé. » D’autant plus si l’opération est réalisée en urgence. Peur, colère, culpabilité se mêlent, pesant sur la première rencontre avec l’enfant.

La césarienne peut également être vécue comme un traumatisme. « Les femmes peuvent le vivre comme une violation de leur corps, et se retrouver en situation de stress post-traumatique« , prévient le spécialiste. « Une dissociation se fait avec le corps. Cela peut perturber le système émotionnel et hormonal. La montée de lait peut avoir du mal à se mettre en place et donc faire capoter l’allaitement. »

La relation dans le couple perturbée

Au moment de la césarienne, le conjoint se retrouve aux premières loges avec l’enfant, il peut être le premier à faire du peau-à-peau. « Certaines femmes ressentent inconsciemment de la jalousie« , note Adam Kanner. « Elles ont le sentiment qu’elles ne sont pas capables de s’occuper de leur bébé. Cela peut créer des tensions dans certains couples. Une mère séparée de son bébé pendant une heure ou deux, c’est une éternité en terme de mise en place de la relation« .

Les solutions pour se reconnecter avec son corps

Adam Kanner a mis en place la méthode nommée « l’harmonisation globale des cicatrices« . Cette méthode permet de remettre le corps en mouvement et de diminuer les douleurs physique et psycho-émotionnelles présentes après l’accouchement.

A la maison, quelques outils peuvent aider.

Masser la cicatrice

Avoir de la gratitude vis-à-vis de la cicatrice. « J’ai remarqué que quand les femmes arrivait à remercier la cicatrice, il y avait une grande libération au niveau tissulaire et émotionnelle« , note Adam Kanner. « Même si c’est difficile, douloureux, le bébé est passé par là, on peut entamer un chemin vers le remerciement« ..

Apprendre à respirer. Il est important d’amener de la conscience au niveau de la cicatrice. Placez-vous en position de détente, placez les mains sur la cicatrice et allez à la rencontre de votre ventre. »La pratique de la respiration abdominale est un bon outil« , conseille l’ostéopathe. « Ce processus peut faire remonter des émotions. L’objectif est de les accueillir et de les laisser en mouvement. Avec cet exercice, la cicatrice va déjà s’assouplir, se détendre« .

Dans son accompagnement, Adam Kanner propose une méthode originale : l’accouchement énergétique. « Au moment de l’accouchement, le corps connaît sa destinée et engrange une énergie pour accomplir sa mission », décrypte l’ostéopathe. « Si l’accouchement n’a pas eu lieu ou n’est pas abouti, cette énergie reste en attente dans le corps. Nous mettons en place des conditions pour le déploiement d’un « accouchement énergétique ». Les femmes peuvent avoir des contractions, comme un accouchement par voie basse. Une fois que ce procédé a eu lieu, la femme se sent mère à 100% et le lien mère-enfant s’harmonise.« 

S’en occuper rapidement

Mieux vaut consulter sans tarder. « Plus on intervient tôt et mieux la cicatrisation se fait« , remarque Adam Kanner. Mais il est également possible de travailler sur une cicatrice ancienne. « Même des années après, il est bon de prendre soin de sa cicatrice « , continue l’ostéopathe. « L’objectif est de se libérer et de retrouver un bassin conscient, vivant et vibrant.« 

Comme l’utérus est plus fragile, cela peut être une aide pour les grossesses futures. « Plus on travaille la cicatrice rapidement, plus le tissu de l’utérus a des facilités pour se régénérer, plus il redevient solide pour les grossesses à venir », note le spécialiste.

A lire : « Après la césarienne…un chemin de guérison pour la maman et l’enfant » Adam Kanner ed. Courrier du livre.

Praticiens sur scarharmony.com

ed. Le Courrier du livre

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Source: Femmeactuelle.fr

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