Coronavirus : des contrôles ce week-end ; les Français appelés à « consommer » leur épargne pour relancer l’économie

Au lendemain des annonces du premier ministre, Edouard Philippe, sur la deuxième étape du déconfinement à partir du 2 juin, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a fait appel vendredi 29 mai « à la responsabilité et au civisme » des Français, en faisant valoir que « nous n’avions pas gagné le combat contre le Covid-19 en France et dans le monde ».

Défendant sur RTL « un combat contre le Covid-19 » et la nécessité des mesures prises « pour protéger ceux qu’on aime », le ministre de l’intérieur a insisté sur le fait que la règle des 100 km, au-delà desquels il est interdit de se déplacer, était « encore en vigueur ce week-end » prolongé de la Pentecôte. « Il y aura encore des contrôles », a-t-il dit. Néanmoins, a-t-il poursuivi, « l’objectif n’a jamais été de sanctionner les Français par des procès-verbaux, mais de les protéger ».

S’agissant du port du masque dans les jardins et sur les plages, M. Castaner a expliqué que « le préfet » pourrait décider de « le rendre obligatoire en fonction des circonstances locales ».

Interrogé sur les conditions d’organisation de rassemblement, jusqu’à 5 000 personnes, dans les grands lieux extérieurs, le ministre a dit qu’il n’y aurait « pas de contrôle », mais « une convention avec les préfets et les organisateurs pour la distanciation et les gestes barrières ».

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a quant à elle estimé qu’il y aurait probablement une « dernière phase » de déconfinement durant l’été : « Il nous faudra garder en tête que le virus est toujours là », ajoutant qu’il « faudra être très prudent », notamment en continuant à respecter les mesures de distance physique.

Concernant les voyages à l’étranger, Mme Ndiaye a redit que le souhait du gouvernement était de pouvoir autoriser, à partir du 15 juin, les Français à se déplacer dans l’espace Shengen. Avant cela, une coordination au niveau européen est « nécessaire pour poser les mêmes règles ». 

A propos des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), elle a confirmé que « dans l’immédiat » les règles « ne chang[aient] pas », car il faut garder « une très grande prudence ». Et de rappeler que les personnes âgées et très âgées représentent la moitié des hospitalisations dues au Covid-19. Par ailleurs, la porte-parole du gouvernement a affirmé qu’un plan dépendance serait annoncé à la rentrée, avec un budget de 2 milliards par an. Enfin, concernant la règle d’occupation d’un siège sur deux dans les trains ou les autocars, elle a précisé que cela « fai[sait] partie des choses [que le gouvernement] doit affiner dans le week-end ».

Le Sénat a donné son feu vert dans la nuit de jeudi à vendredi à un amendement du gouvernement qui crée un « dispositif spécifique » de chômage partiel, permettant « une réduction du temps de travail » compensée « en partie » par l’Etat. L’amendement voté lors de l’examen en première lecture d’un projet de loi portant des « dispositions urgentes face à l’épidémie de Covid-19 » prévoit la possibilité d’un « régime d’activité partielle spécifique sous réserve de la conclusion d’un accord collectif ou de l’élaboration d’un plan d’activité réduite pour le maintien en emploi » :

Rappelant que 12 millions de salariés avaient bénéficié du chômage partiel, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a souligné, en défendant cet amendement, que « l’Etat ne peut pas durablement payer les salaires de millions de personnes du secteur privé ». Des secteurs comme l’automobile ou l’aéronautique « vont être très impactés » et « il nous paraît nécessaire de mettre très rapidement de nouveaux dispositifs de préservation de l’emploi et des compétences qui vont permettre à ces entreprises d’ajuster la capacité de production à la baisse en fonction de la demande, de limiter les coûts économiques et sociaux tout en préservant l’emploi », a-t-elle poursuivi.

La ministre du travail a appelé vendredi les Français à « ressortir » et à « consommer » les 60 milliards d’euros « mis en épargne » pendant le confinement, afin de « faire repartir » l’activité et de « combattre » la crise économique et sociale. Depuis la fin du confinement, le 11 mai, l’activité a « redémarré », mais « c’est quand même très progressif », a souligné Mme Pénicaud, en insistant sur les risques que la crise sanitaire faisait peser sur l’économie et l’emploi.

Selon la ministre, les Français ont « économisé et mis en épargne 60 milliards d’euros pendant la période de confinement ». « Cet argent, c’est bien aussi qu’il recircule, parce que c’est ce qui va faire repartir le commerce, l’industrie, ça aidera beaucoup à la reprise d’activité », a-t-elle insisté.

La consommation des ménages en France a fondu d’un tiers (33,7 %) au mois d’avril par rapport à celle du mois de février, avant la crise sanitaire, et de 20,2 % par rapport à celle de mars, selon des données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vendredi. En avril, les Français ont été confinés durant l’intégralité du mois, tandis que le confinement n’a été en place que durant la deuxième moitié du mois de mars. Par rapport à avril 2019, la consommation des ménages a également chuté de plus d’un tiers (34,1 %) le mois dernier.

Quant au produit intérieur brut (PIB), il a chuté de – 5,3 % au premier trimestre, a fait savoir vendredi l’Insee dans un communiqué, qui révise ainsi sa précédente estimation d’une baisse de – 5,8 % publiée à la fin avril. « Cette révision inhabituellement forte s’explique par le remplacement de certaines estimations et extrapolations pour le mois de mars, très affecté par les mesures de confinement » mises en place à partir du 17 mars, explique l’institut.

Le plan de quelque 8 milliards d’euros annoncé par le président, Emmanuel Macron, pour relancer l’automobile n’empêchera pas les suppressions de postes massives attendues dans ce secteur. Le constructeur automobile français Renault, en difficulté financière, a annoncé vendredi la suppression d’environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France, dans le cadre d’un plan d’économies de plus de 2 milliards d’euros sur trois ans.

Le plan a été présenté jeudi soir aux organisations syndicales, lors d’un comité central social et économique du groupe. La CFDT dénonce un « projet de casse sociale et de désindustrialisation ».

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a déclaré ce matin que le protocole sanitaire, que certains édiles aimeraient voir allégé, ne serait pas modifié d’ici à l’été, dans la mesure où « nous sommes toujours en situation épidémique » et où ce protocole « est aussi de nature à rassurer les parents ». « Si nous l’allégeons, ce sera pour la rentrée de septembre. L’objectif sera alors que tous les élèves puissent revenir à l’école », a ajouté le ministre, qui lancera en juin une « grande concertation » pour « réfléchir à la façon dont nous allons organiser la rentrée de septembre ».

S’agissant des décrocheurs, le ministre a affirmé que 4 % des élèves en moyenne avaient perdu le lien avec leur établissement, soit 500 000 élèves. « A certains endroits, c’est beaucoup plus, parfois 20 %, 30 % », a-t-il précisé, indiquant qu’il y aurait un « rattrapage scolaire l’année prochaine et durant l’été », avec une série de dispositifs, comme « vacances apprenantes » ou « été pro ».

S’agissant des collèges, l’ensemble des classes ouvriront à partir du 2 juin en zone verte. En zone orange ouvriront en priorité les classes de 6e et 5e, mais « un collège peut commencer à faire rentrer les 4e et 3e s’il le peut », a déclaré M. Blanquer.

Interrogé sur la rapidité avec laquelle les proviseurs allaient devoir organiser le retour des élèves au lycée, prévu à compter du 2 juin, le ministre a répondu que la plupart des chefs d’établissement y étaient préparés, car « l’ouverture du 2 juin était une probabilité ». « Dans la plupart des cas, il y aura une prérentrée, ce qui veut dire que les lycéens reviendront le 3 ou le 4 juin. »

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Source: lemonde.fr

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