En ce Moment

Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : « Tant que le virus circule, ce sont les plus fragiles qui en seront victimes »

Publicité
Illustration ambulances , secours au CHU Bordeaux
Illustration ambulances , secours au CHU Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • La Nouvelle-Aquitaine est revenue au niveau du seuil d’alerte (50 cas pour 100.000 habitants).
  • Le CHU de Bordeaux enregistre une quinzaine de patients en réanimation, essentiellement des personnes fragiles ou immunodéprimées.
  • Le Pr Charles Cazanave s’inquiète par ailleurs de l’épidémie de bronchiolite chez les enfants qui arrive très tôt, et met en garde contre l’épidémie de grippe attendue pour décembre.

Tous les indicateurs sont à la hausse. La Nouvelle-Aquitaine est revenue au niveau du seuil d’alerte (50 cas pour 100.000 habitants) depuis le début de cette semaine pour l’épidémie de
coronavirus. La circulation du virus reste toutefois contenue, et elle est très variable dans la région, avec des niveaux qui vont de 85/100.000 dans les
Pyrénées-Atlantiques, à 25 dans la Creuse, en passant par 37 en
Gironde.

« Le taux d’incidence augmente dans presque toutes les classes d’âge, excepté chez les 20-29 ans et les 40-49 ans où il reste stable » relève par ailleurs l’ARS. 20 Minutes a interrogé le Pr Charles Cazanave, infectiologue au service des maladies infectieuses et tropicales du
CHU de Bordeaux, pour faire un point sur la situation.

Le Pr Charles Cazanave, infectiologue au service des Maladies Infectieuses et Tropicales du CHU de Bordeaux

Constatez-vous une hausse de l’épidémie au niveau du CHU de Bordeaux ?

Oui, nous sommes désormais à une trentaine de patients sur le CHU, c’est beaucoup moins que le sommet qu’on a connu, mais ça remonte. On a une quinzaine de patients en réa, avec essentiellement des personnes fragiles ou immunodéprimées, c’est-à-dire vaccinées mais qui n’ont pas répondu au vaccin du fait de leur défense immunitaire altérée. Tant que le virus circule, ce sont les plus fragiles qui en seront victimes, malgré le vaccin. Ce n’est pas qu’il ne marche pas, c’est que leur système immunitaire est tellement faible qu’il ne peut pas réagir. C’est pourquoi leur entourage doit être vacciné.

Est-ce que vous vous attendiez à cette reprise épidémique ?

Nous avons atteint le creux de la vague début octobre, et on se doutait bien que ça allait reprendre. Même si on a une couverture vaccinale globale de 85 % [81 % en Nouvelle-Aquitaine], le virus continue à circuler. C’est un bruit de fond, et il faut apprendre à vivre avec ce virus qui est là.

Peut-on parler de relâchement des gestes barrière, et est-il aussi responsable de ce rebond ?

Sur le long terme, il est difficile d’appliquer les gestes barrière en population générale, de façon aussi stricte qu’auparavant. Il y a un petit relâchement, mais c’est la nature humaine. En revanche, on peut s’astreindre à un lavage régulier des mains, et remettre le masque quand on est symptomatique, ce qui concerne tous les virus respiratoires d’ailleurs. Mais le sujet d’actualité, cela reste la troisième dose pour les plus de 65 ans et les personnes à risque, car on sait qu’au bout de plusieurs mois les anticorps baissent. Or, il faut conserver l’immunité collective pour protéger les plus faibles.

Publicité

Y a-t-il une raison de craindre une flambée épidémique cet hiver ?

Avec le Covid-19 c’est très dur de faire des prévisions, mais une flambée, je ne le crois pas. Une reprise, pourquoi pas. En revanche, ce qu’on risque de voir, et que nous n’avons pas vu l’hiver dernier, ce sont les autres syndromes respiratoires, en premier lieu la grippe. Elle va prendre son ampleur en décembre, d’où l’intérêt pour les personnes à risque d’aller se faire vacciner. Nous connaissons par ailleurs en médecine pédiatrique une épidémie de bronchiolite.

Elle démarre très tôt d’ailleurs ?

Comme d’habitude pour les épidémies, nous surveillons l’hémisphère sud, et ils connaissent un épisode de bronchiolite assez inédit. Nous-mêmes, nous en avons déjà beaucoup alors que nous ne sommes que le 26 octobre, effectivement, et c’est sans lien avec l’arrêt du masque dans les écoles. On a un très grand passage aux urgences pédiatriques, et beaucoup d’hospitalisations dans nos services. Même si c’est pour des délais courts, c’est une tension, d’autant que nos urgences adulte sont aussi saturées, pour diverses raisons.

Source: 20minutes.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page