Coronavirus : les ministres contaminés respectent-ils les règles du tracing?

Ils sont actuellement neuf – huit ministres et un secrétaire d’Etat – à avoir été contaminés par le coronavirus depuis début octobre. Valérie De Bue, Pierre-Yves Jeholet, Rudi Vervoort, Mathieu Michel… la liste s’allonge au fur et à mesure des jours. Testés positifs, tous ont dû fournir le nom des personnes qu’ils avaient récemment côtoyées.

Mais ont-ils réellement respecté les règles du tracing? A la Fédération Wallonie-Bruxelles, cette question est en tout cas soulevée depuis que son ministre-président, Pierre-Yves Jeholet, a été testé positif. 

Fédération Wallonie-Bruxelles :  Pierre-Yves Jeholet testé positif juste après une conférence de presse

Le 9 octobre dernier, à 11h, les ministres de la Fédération Wallonie-Bruxelles se réunissent pour une conférence de presse sur les questions budgétaires; conférence qui fait suite à deux jours de discussions entre ces mêmes ministres, en présentiel.

Assis à 1m50 l’un de l’autre, ils font face aux journalistes puis enchaînent les interviews. Le soir même, vers 21h, la presse apprend que Pierre-Yves Jeholet a été testé positif au coronavirus.

La nouvelle surprend les autres ministres la Fédération Wallonie-Bruxelles. Car, renseignement pris, Pierre-Yves Jeholet ne les avait pas avertis qu’il comptait se faire tester début d’après-midi, après les avoir quittés, après en avoir terminé avec cette conférence de presse. 

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles souhaitait en fait se rassurer : il avait été en contact avec Rudi Vervoort lors du dernier comité de concertation le 6 octobre dernier. Et Rudi Vervoort avait annoncé être positif au coronavirus le jeudi 8 octobre

C’est donc par souci de “précaution”, nous assure son cabinet que Pierre-Yves Jeholet a effectué ce test. “Il n’avait aucun symptôme à ce moment-là”, nous précise-t-on. “C’est le dimanche qu’il a perdu l’odorat. Mais il a toujours respecté les mesures de sécurité y compris lors de ce comité de concertation”. Reste que, dans les couloirs de la Fédération Wallonie-Bruxelles, certains sont étonnés que le ministre-président ne se soit pas mis en quarantaine dès le jeudi soir, à l’annonce de la contamination de Rudi Vervoort. Etonnés qu’il se soit quand même présenté à cette conférence de presse sans les avertir de ce test.  “C’est une question de bon sens”, nous justifie un employé de la Fédération. “S’il pensait qu’il était à risque, il aurait dû annuler ses activités”, juge un autre. 

D’autant que quelques jours plus tard, on apprenait que le ministre du Budget, Frédéric Daerden (PS), puis la ministre de l’Enseignement, Caroline Désir (PS), présents à cette conférence de presse, avaient eux aussi été contaminés. 

S’il est n’est pas possible de déterminer avec certitude l’origine de leur contamination, cette origine est en tout cas questionnée. Ce point sera d’ailleurs évoqué demain, nous dit-on, lors de la réunion du gouvernement par vidéoconférence. Pierre-Yves Jeholet devra alors expliquer pourquoi il n’a pas communiqué sur son intention de se faire tester; intention révélatrice pour certains, de doutes quant à son état de santé. 

Quant à Caroline Désir et Frédéric Daerden, comme l’ensemble du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ils se sont placés directement en quarantaine dès l’annonce de la contamination de Pierre-Yves Jeholet et avant d’effectuer un test de dépistage. Ils nous assurent également avoir prévenu d’emblée toutes les personnes potentiellement concernées par ce risque. 

Gouvernement fédéral : dans le doute, Mathieu Michel se met en quarantaine avant de passer le test

Comme Caroline Désir et Frédéric Daerden, le nouveau Secrétaire d’État à la Digitalisation, Mathieu Michel (MR), n’a quant à lui pas décidé d’attendre le résultat de son test avant de se mettre en quarantaine. “Quand j’ai identifié que j’avais été en contact avec une personne à haut risque, je me suis mis en quarantaine immédiatement et j’ai fait le test”, nous explique-t-il. “J’ai directement prévenu toutes les personnes de mon entourage”.

Testé positif le 9 octobre dernier, Mathieu Michel n’avait côtoyé aucun membre du gouvernement fédéral depuis sa prestation de serment le 1er octobre dernier; ce qui a évité à ce gouvernement une mise en quarantaine.

Gouvernement wallon : dès l’apparition des symptômes, Valérie De Bue prévient son entourage

C’est le dimanche 4 octobre que Valérie De Bue (MR), ministre wallonne de la Fonction publique et Tourisme, ressent les premiers symptômes du coronavirus. “Elle a directement prévenu son entourage et les personnes avec qui elle a été en contact depuis vendredi”, nous explique son cabinet. Attendue au bureau de parti de lundi matin, Valérie De Bue décide de ne pas s’y rendre. “Elle s’est immédiatmeent isolée et a passé son test”.

Le résultat tombera le mercredi 7 octobre : Valérie De Bue est positive au coronavirus. Averti, tout le gouvernement wallon se met alors en quarantaine par précaution, tous ayant côtoyé la ministre lors de la prestation de serment de Christophe Collignon le vendredi 2 octobre. “Le tracing m’a appelée une demi-heure après”, nous explique son attachée de presse qui assure que Valérie De Bue a suivi la procédure à la lettre. 

Gouvernement bruxellois : le personnel réparti par étages pour faciliter le tracing

Le ministre du Budget bruxellois Sven Gatz a été testé positif le mercredi 7 octobre. Le jeudi 1er octobre, le gouvernement bruxellois était en réunion. Par précaution, puisque le contact entre les ministres a eu lieu moins d’une semaine avant les résultats du test, c’est donc à nouveau l’ensemble des membres du gouvernement qui ont été prévenus et qui se sont placés en quarantaine.

Le lendemain, le 8 octobre, c’est au tour de Rudi Vervoort d’apprendre qu’il est positif au coronavirus. “Il a constitué sa liste de contacts rapprochés et il a prévenu le tracing”, nous explique son cabinet. Pour faciliter le tracing des employés du cabinet du ministre-président bruxellois, son attachée de presse nous précise que les employés ont été répartis sur plusieurs étages.

Ils doivent également remplir un fichier dans lequel ils indiquent leurs jours de présence au bureau. “On sait qui est présent au cabinet et à quel étage. Ce planning nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur les collaborateurs présent physiquement au travail et de mieux équilibrer le personnel”, nous précise-t-on. Comme dans les autres cabinets, le mot d’ordre reste encore et toujours la prudence. 

Source: rtbf.be

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