Coronavirus : que se passera-t-il en cas de canicule ?

Coronavirus : que se passera-t-il en cas de canicule ?

Le Haut conseil de la santé publique a rendu son avis concernant la gestion d’une éventuelle vague de chaleur dans le contexte de l’épidémie de Covid-19. Les experts préconisent l’utilisation des différents moyens de rafraichissement en respectant les mesures barrières pour éviter toute transmission du virus.

Malgré la mise en place du déconfinement et d’une reprise progressive d’une vie “normale”, le risque d’une deuxième vague de Covid-19 est toujours présent. Et les autorités sanitaires essayent d’anticiper certaines difficultés. Les beaux jours d’été sont devant nous, et une question préoccupe les experts gouvernementaux : comment gérer un épisode de canicule en cas de prolongation de l’épidémie du coronavirus ?

La Direction générale de la santé a ainsi saisi le Haut conseil de la santé publique (HCSP) en avril dernier, afin de répondre à cette question. Début mai, les experts ont rendu un avis détaillé. Ils ont pris en compte les aspects cliniques, diagnostiques et thérapeutiques des patients atteints de la Covid-19 et pouvant souffrir de pathologies liées à la chaleur, les aspects organisationnels à adapter aux contextes de l’épidémie et de la canicule, et les différentes catégories de professionnels et bénévoles travaillant dans le milieu de la santé. 

Profiter de l’été pour se préparer

Dans l’avis, il est rappelé que la saison chaude n’est pas forcément associée à une disparition du virus. “La saisonnalité des infections est tributaire d’un grand nombre de facteurs. En conclusion de la revue de la littérature disponible sur ce sujet, il est peu probable que le Covid-19 disparaisse cet été“, indiquent les experts. Son seuil de contagion peut, en revanche, rester bas si les mesures barrières continuent d’être respectées.

“Ce taux inférieur à 1 signifie que le nombre de cas diminue à chaque génération et la chaîne de transmission finit par s’interrompre.” Ces mois d’été devraient être investis pour se préparer à un éventuel retour fracassant du virus pendant l’hiver.

Chaleur, virus et pollution

Même si le nombre de cas de personnes infectées reste limité cet été, les experts insistent sur la gravité sanitaire des épisodes de canicule. “Par ailleurs, il pourrait être observé une conjonction de la situation du risque épidémique Covid- 19, de canicule et des pics de pollution associés classiquement aux vagues de chaleur”, craignent-ils.

La crainte d’une infection au Covid-19 sur les lieux de soins ne doit pas retarder la prise en charge des troubles de santé liés à la canicule, comme les coups de chaleur et la déshydratation. Au même titre, les mesures de prévention, notamment le maintien d’une température agréable dans les locaux collectifs, sont à encourager.

Si les spécialistes de l’HCSP préviennent que les recommandations doivent rester flexibles et adaptables à l’évolution du contexte, ils insistent sur le fait que “il n’y a pas d’incompatibilité entre les mesures barrières recommandées pour la maitrise de la diffusion du SARS-CoV-2 et les actions recommandées dans le plan canicule.”

Le ventilateur sous certaines conditions

Certaines adaptations doivent cependant avoir lieu. La HCSP recommande donc d’assurer une coordination effective des dispositifs canicule et coronavirus. Un référent pour chacune de ces thématiques devrait être désigné dans chaque structure pour veiller à la cohérence des informations, et la mise en place des mesures réglementaires prévues.

Elle recommande également de surveiller le bon fonctionnement d’une ventilation naturelle ou mécanique de tous les lieux de vie. L’utilisation de brumisateurs, de ventilateurs, et de points d’eau publics peut être maintenue, à condition de respecter les mesures d’hygiène et de distance recommandés dans le cadre du coronavirus. Une précision toutefois : le ventilateur est contre-indiqué dans des espaces occupés par plusieurs personnes, même porteuses de masques.

Anticiper équipements et effectifs

Concernant la prise en charge des personnes symptomatiques, le risque d’infection au coronavirus ne doit pas retarder la réalisation des tests pour différencier le coup de chaleur de la déshydratation, en veillant à porter un masque et à laver les mains avant et après l’examen. La prise de paracétamol doit être validée par un professionnel de santé. 


Les lieux d’hébergement pour les personnes Covid-19 doivent être choisis pour leur qualité de protection en cas de vague de chaleur. “En cas de pathologie Covid-19, les recommandations de prévention vis-à-vis de la chaleur continuent à s’appliquer et inversement en cas de pathologie liée à la chaleur, les mesures barrières continuent à s’appliquer”, concluent les auteurs de l’avis.

Enfin, il est conseillé d’anticiper et assurer les équipements nécessaires, ainsi que les effectifs sanitaires, médicaux et sociaux tout en maintenant les mesures permettant d’améliorer les conditions de travail de ces professionnels.

Source: SanteMagazine.fr

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