Coupures d’électricité cet hiver : de la « responsabilité, mais pas de panique », assure Emmanuel Macron

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Dans un entretien enregistré à La Nouvelle-Orléans et diffusé en partie sur TF1 samedi 3 décembre, Emmanuel Macron est revenu sur la crise énergétique en France, la guerre en Ukraine et a dressé le bilan de sa visite d’Etat de trois jours aux Etats-Unis.

Interrogé sur les éventuelles coupures d’électricité cet hiver, le chef de l’Etat a cherché à rassurer : « Pas de panique, ça ne sert à rien et ce n’est pas vrai. » Le gouvernement a envoyé mercredi soir une circulaire aux préfets afin qu’ils préparent leur département en cas de coupures. « C’est normal que le gouvernement prépare un cas extrême », a affirmé M. Macron.

Il a assuré qu’il s’agissait de « scénarios fictifs » mais, qu’il fallait « préparer ». Selon lui, la France pourra surmonter l’hiver, « même avec des mois de décembre et janvier froids », du moment que le plan de sobriété présenté par le gouvernement était respecté. Le chef de l’Etat a répété que son message à ce propos était clair : « Responsabilité, mais pas de panique. »

Egalement interrogé sur la réforme des retraites, Emmanuel Macron a déclaré que « la négociation [se déroulait] maintenant » et qu’elle avait « vocation à s’achever dans les prochaines semaines ». Il a assuré avoir présenté et détaillé la réforme des retraites, « en toute transparence », pendant la campagne présidentielle. « Il ne faut pas être bravache en disant : “J’irai jusqu’au bout” mais oui, il faut réformer notre système de retraite », a expliqué le président de la République, ajoutant que « le seul levier que nous ayons est de travailler plus longtemps ». Concernant la durée de cotisation, « nous avons de la marge » par rapport à nos voisins européens, a-t-il estimé.

Emmanuel Macron a accordé cet entretien à la fin de sa visite d’Etat aux Etats-Unis, « une réussite », a-t-il assuré. Le président français souhaitait s’entretenir avec Joe Biden à propos d’un plan massif de subventions à l’industrie verte sur le sol américain, des aides que M. Macron avait qualifié de « super agressives » à l’égard des entreprises françaises parce que, a-t-il ajouté, « des projets qui auraient dû se faire en Europe se feront finalement aux Etats-Unis ».

« Je suis le premier dirigeant européen à mettre les pieds dans le plat », a-t-il argué. Il faut que « la compétition soit juste », a-t-il fait valoir auprès de Joe Biden. Le premier objectif était « le réveil » des autorités américaines sur l’inquiétude des Européens, « c’est réussi ». Ensuite, il fallait « engager une discussion pour trouver des solutions, c’est en cours ». Le chef de l’Etat français a aussi reconnu que, indépendamment des mesures américaines, les Européens devaient « aller plus vite, réinvestir davantage » : « On doit faire beaucoup plus (…) sur la production de batteries et de composants de batteries, sur les semi-conducteurs », a-t-il énuméré.

Au cours de cette tournée américaine, Emmanuel Macron et Joe Biden se sont aussi longuement entretenus de la guerre en Ukraine. Le chef de l’Etat français a résumé les objectifs prioritaires dans les prochaines semaines : « Aider l’Ukraine à résister, continuer à l’aider militairement, veiller à ce qu’il n’y ait pas d’escalade sur le nucléaire civil et donc protéger les centrales, et préparer le dialogue, quand il arrivera. »

Selon Emmanuel Macron, « une chose dépend des Ukrainiens, c’est la question des frontières ». « Est-ce que, quand nous étions privés de l’Alsace-Lorraine en plein conflit, nous aurions aimé qu’un dirigeant étranger nous dise : “Vous devriez faire ceci et cela” ? », a-t-il interrogé. « Je crois à la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes ; c’est au peuple ukrainien de décider à quelles conditions, quand et comment » pourra avoir lieu le dialogue.

Sur l’envoi d’armes à Kiev, Emmanuel Macron a assuré que le soutien militaire allait se poursuivre dans la limite de « deux lignes rouges », à savoir : ne « jamais affaiblir notre capacité à défendre notre propre territoire » et « ne jamais livrer d’armes qui nous mettraient dans une situation de partie prenante dans le conflit ». Dans l’intervalle, « faire le maximum » en « faisant travailler plus vite et plus fort notre industrie ».

« Ce voyage d’Etat est une réussite parce que l’Europe et la France sont redevenus des éléments de préoccupation », a conclu Emmanuel Macron, assurant que Joe Biden était « un ami ». Cette visite d’Etat était la première de l’administration Biden, a rappelé le président, y voyant « un honneur qui est fait à la France ». « Je sais que les jours sont durs, que le coût de la vie pèse sur votre quotidien », a-t-il par ailleurs reconnu, « mais nous sommes parmi ceux qui s’en sortent le mieux ».

« On va continuer de tenir, on va absorber ce choc, et il faut maintenant relancer les choses, par les réformes – sur le travail, l’éducation, la santé, les retraites — pour être plus forts », a-t-il ajouté. Car « l’année 2023, indéniablement, sera marquée par un ralentissement de l’économie mondiale, on le voit déjà poindre, plusieurs de nos voisins entrent déjà en récession, mais pas nous », a averti Emmanuel Macron.

« Il nous faut continuer le travail et nous préparer à une reprise qui je pense devrait arriver dans l’année 2024 », a estimé le chef de l’Etat. « Nous avons tout pour sortir plus forts, plus grands de ce moment un peu difficile de notre histoire, et nous avons peut-être plus que beaucoup de nos voisins, donc nous allons y arriver », a-t-il assuré.

Source: lemonde.fr

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