Femme

Couvade : quels sont les premiers signes et comment l’éviter ?

Publicité

Si la grossesse est évidemment une période d’intenses bouleversements, à la fois physiques et psychologiques, pour les futures mamans, il arrive que les futurs papas expérimentent eux-aussi des symptômes étonnants, proches de ceux de leur compagne. Qu’est-ce que la couvade ? Comment la reconnaître ? Les réponses de Nathalie Lancelin-Huin, psychologue.

Le terme “couvade” n’est pas un terme scientifique. Il illustre pourtant très bien ce phénomène qui toucherait, selon une étude menée au St George’s hospital de Londres, 20 % des pères français. “La couvade est la manifestation des symptômes de la grossesse chez les hommes, lorsque leur compagne est enceinte. Ces symptômes peuvent être d’ordre physique, psychique et émotionnel, selon le terrain particulier de chacun.”, explique Nathalie Lancelin-Huin. Pendant longtemps on a associé la couvade à la prise de poids des futurs papas pendant la grossesse. Mais le terme recouvre aujourd’hui l’ensemble des symptômes qui peuvent se manifester au cours des 9 mois de gestation.

Quels sont les signes de la couvade ?

Comme l’a précisé la psychologue, la couvade ne se limite pas à des symptômes physiques, elle peut également s’exprimer sur le plan psychologique. “Sur un plan très physique, les signes tournent autour de la sphère du ventre. Avec le plus souvent, une prise de kilos, et dans de rares cas une perte de poids, des maux de ventre, des troubles digestifs, des nausées ou vomissements, des hauts le coeur, etc.”, détaille Nathalie Lancelin-Huin.

Cette dernière rappelle que si l’on peut trouver des explications très somatiques à ces symptômes, il ne faut pas oublier que l’on dit du ventre qu’il est notre deuxième cerveau, le cerveau émotionnel de notre corps. “Toujours sur le plan physique, on peut voir bon nombre de somatisations dont des maux de dents, mais aussi des blessures physiques et sportives : une cheville foulée, une chute ou un choc, un incident sportif, etc.”, ajoute la psychologue.

Sur le plan psychologique, Nathalie Lancelin-Huin observe que les papas vivent eux aussi une certaine vulnérabilité émotionnelle. “Ils l’attribuent alors à la grossesse de leur conjointe et à la façon dont elle le vit et lui avec, à une forte sensibilité à cet évènement, et à une forte déstabilisation momentanée.” explique-t-elle. Si certaines vont également expérimenter très fortement les symptômes de grossesse, pour les futurs pères la grossesse peut également être une période de changements profonds. “Pour certains, la couvade peut s’exprimer beaucoup plus psychiquement, avec des troubles du sommeil, des insomnies, de l’anxiété, des sautes d’humeur et une certaine irritabilité.”, détaille Nathalie Lancelin-Huin. Des signes fréquents qui rendent moins visibles la couvade que des kilos en trop.

Publicité

Les causes de la couvade : comment l’expliquer ?

Il y a autant de signes de couvade qu’il y a d’hommes ! Mais que leur expression se fasse sur le plan physique ou psychique, cela reste toujours, à mon sens, l’expression d’une émotion suffisamment forte, pour que cela se manifeste extérieurement.”, explique la psychologue. On a d’abord cherché des causes médicales à la couvade et trouvé des pistes d’explication hormonales et neuronales, mais on s’accorde aujourd’hui sur le fait que ces causes sont en réalité multiples, et attribuables directement aux émotions fortes que procurent le fait de devenir parents. “C’est vrai chez la femme, la grossesse physique ayant son pendant psychique et émotionnel. Cela s’appelle devenir mère. Il en va donc de même pour les hommes, cela s’appelle devenir père.”, ajoute-t-elle.

Longtemps on a cru que certains hommes cherchaient à faire comme les femmes, à mimer la grossesse, et pouvaient regretter de ne pas être enceint, mais cette explication est dépassée. Il faut juste comprendre que les hommes ont leur propre façon de vivre une grossesse, d’autant qu’ils ne portent pas l’enfant.”, analyse Nathalie Lancelin-Huin.

En résumé, la couvade est certainement et simplement la façon des hommes d’exprimer sur un terrain ou un autre, ce que la grossesse de leur femme leur fait vivre et/ou ce que l’arrivée d’un enfant remanie chez eux, en termes de responsabilité « à vie ». « Elle les fait eux aussi passer d’enfant de leurs parents à parent de leur enfant, et de couple de femme et d’homme à couple de mère et père. C’est toute une transition qui est en jeu et qui va être durable, même après la naissance de bébé. », détaille la psychologue.

Couvade : quand apparaissent les symptômes ?

Le syndrome de couvade apparaît chez les hommes surtout au premier trimestre de la grossesse, diminue au second et semble revenir au troisième. Deux trimestres chargés en émotions et anxiété.

On peut se dire que le premier trimestre fait suite à l’annonce de la grossesse et au fait que « ça y est, un bébé va arriver dans nos vies dans quelques mois ». Le dernier trimestre raconte que ‘bébé va bientôt naître, notre vie va changer et nous allons passer de 2 à 3’, ou encore agrandir la famille, avec tout ce que cela va impliquer.”, explique la psychologue.

La couvade survient plus souvent lors d’une première grossesse. Nathalie Lancelin-Huin remarque également que ce phénomène prend de l’ampleur ces dernières années, notamment en raison de l’évolution de la société : partage au sein du couple, engagement des hommes dans les événements intimes de leur partenaire (gynécologique et obstétrical, implication des pères dans la grossesse de leurs femmes (depuis le désir d’enfant jusqu’à l’arrivée de celui-ci), parentalité conjointe.

Comment éviter une couvade ?

Il est difficile de savoir pourquoi certains hommes font l’expérience de la couvade, et d’autres non. L’arrivée d’un enfant est un changement majeur et durable, il est donc normal qu’il puisse momentanément déstabiliser. Attention toutefois à ce que ses manifestations ne prennent pas trop d’ampleur. “Il peut quelquefois déborder des hommes, allant jusqu’à quelques excès (reprise de consommations addictives, passages à l’acte, accidents, départs ou ruptures). Si tel est le cas, il faut bien sûr demander de l’aide et ne pas rester seul-e-s dans cette situation.”, conseille la psychologue.

Merci à Nathalie Lancelin-Huin, psychologue.

A lire aussi :

Nausées de grossesse : les meilleurs remèdes et astuces pour se soulager

Embolie amniotique : quelle est cette complication qui peut survenir lors de l’accouchement ?

Bébé prématuré : les 3 types de prématurité, les séquelles possibles et le suivi dédié

Source: Femmeactuelle.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page