En ce Moment

Covid-19 : le gouvernement tente de redonner des perspectives aux Français

Publicité

Longtemps, il y eut la peur. Celle de tomber gravement malade, de mourir ou de perdre un proche. Lutter contre le Covid-19 justifiait l’emploi d’un vocabulaire guerrier et l’utilisation d’armes sanitaires, au mépris, souvent, de libertés individuelles. La solidarité primait. Il fallait remporter la bataille. A tout prix et « quoi qu’il en coûte ». Emmanuel Macron, érigé en chef de guerre, se faisait le protecteur de la santé des Français mais aussi le sauveur de l’économie. Après des ratés et des faux départs, l’opinion publique avait fini par lui en savoir gré.

Deux ans après l’irruption de la pandémie, le vent pourrait tourner. La gestion de la crise sanitaire, jusqu’ici favorable au chef de l’Etat, finit par peser sur le moral des Français et offre, à trois mois de l’élection présidentielle, des angles d’attaque pour l’opposition. Le président de la République, qui a promis d’« emmerder les non-vaccinés » en imposant le passe vaccinal, n’en fait-il pas trop ? Et trop tard ? Les protocoles sanitaires dans les écoles, imposant des tests multiples, sont-ils justifiés ? L’exécutif se devait de reprendre la main sur le dossier pour expliquer, apaiser mais aussi contre-attaquer.

Publicité

Une fois de plus, c’est le premier ministre, Jean Castex, qui est monté au front, jeudi 20 janvier, après un conseil de défense sanitaire. L’évolution de la pandémie, avec l’arrivée spectaculaire du variant Omicron, plus contagieux mais moins dangereux, a suscité des doutes et des interrogations sur les bienfaits des tests et de la vaccination, a-t-il concédé. A quoi bon se faire vacciner si l’on peut, malgré tout, être contaminé et transmettre le virus à son voisin ? Pourquoi se tester si les symptômes sont moins inquiétants ? Certains pays, comme l’Espagne, envisagent d’ailleurs de traiter le coronavirus comme une vulgaire épidémie de grippe.

« Ce virus n’a rien d’anodin », a répondu M. Castex, rappelant que l’épidémie de grippe provoquait en moyenne 10 000 hospitalisations au cours d’un hiver quand, avec Omicron, ce chiffre est atteint « non pas en trois mois, mais en cinq jours seulement ». La vaccination protège contre les formes graves et réduit la contagiosité du variant, a-t-il ajouté. « Si nous avons pu traverser ces dernières semaines, avec des centaines de milliers de contaminations chaque jour et des hôpitaux qui ont tenu, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est parce que nous avons pris les bonnes décisions », a également insisté le premier ministre. Dit autrement, le mantra du chef de l’Etat – « Vacciner, vacciner, vacciner » – n’est pas remis en cause par Omicron.

Source: lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page