Dabus, l’IA qui ne peut pas déposer de brevets

L’US Patent and Trademark Office a refusé le 27 avril 2019 qu’une IA puisse être enregistrée comme inventrice ou co-inventrice du brevet.
Le créateur de l’algorithme estime, lui, ne pas pouvoir pour être considéré comme l’auteur des inventions en question.

IA Dabus

Selon l’administration, américaine, l’IA Dabus ne peut pas être considérée comme une inventrice même si aucun humain n’a participé à ses inventions.

Abigail Russell

Une intelligence artificielle (IA) peut reconnaître un chat, conduire une voiture, peindre des tableaux inédits, composer de la musique…. Mais pas être considérée comme inventrice lors d’un dépôt de brevets. C’est ce qu’a statué lundi 27 avril 2019 l’US Patent and Trademark Office, aux États-Unis : la qualité d’inventeur ne peut être attribuée qu’à des “personnes naturelles” (natural persons). Autrement dit, des humains.

En décembre dernier, l’Office européen des brevets a pris une décision similaire pour les mêmes raisons. L’histoire remonte à l’automne 2019 quand une équipe appelée The Artificial Inventor Project, menée par un juriste de l’université du Surrey au Royaume-Uni, a proposé qu’une IA nommée Dabus puisse déposer en son nom deux brevets sur deux inventions conçues sans l’intervention d’un chercheur.

Un récipient conçu pour des robots

Le système Dabus a été créé par le physicien Stephen Thaler, fondateur de la société Imagination Engines Inc. spécialisée dans les intelligences artificielles créatives fondées sur des réseaux de neurones artificiels. Les deux objets faisant l’objet des brevets sont un récipient alimentaire, appelé Fractal container, capable de changer de forme et conçu pour être saisis par des robots, ainsi qu’un système de signaux clignotants nommé Neural Flame basé sur les fractales censé attirer l’attention de manière plus efficace en situation d’urgence. Ils sont décrits sur cette page.

Dabus utilise la méthode des réseaux génératifs antagonistes (GANs), généralement utilisée dans le domaine artistique. Elle combine plusieurs algorithmes d’intelligence artificielle : un premier génère une première idée, un second envoie une réponse signalant si cette idée est assez innovante ou relève du déjà-vu, en fonction d’une base de connaissance rassemblant quantité d’informations sur le sujet concerné. En fonction de la réponse, le premier algorithme affine sa création et propose une nouvelle idée, qui est à nouveau évaluée par le second algorithme et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’une véritable idée nouvelle jaillisse du processus.

Le souci d’éviter les complications juridiques

Le chercheur, lui, n’intervient pas. C’est pourquoi Stephen Thaler estimait ne pouvoir être déclaré inventeur. D’autant qu’il n’avait aucune compétence en matière de récipient ou de signaux d’urgence.

Pour l’organisme américain des brevets, refuser le statut d’inventeur à autre chose qu’un humain est motivé par le souci d’éviter les complications juridiques. Il faudrait, selon son argumentation, revoir toute la formulation de la réglementation en vigueur dont les termes font référence à des humains (“whoever”, “himself”, “herself”) et ne peuvent, grammaticalement parlant, s’appliquer à des machines ou des algorithmes. Pas en l’état actuel des textes en tout cas…

 

Source: Sciencesetavenir.fr

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