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Dernier jour de confinement en France, la prudence reste de mise

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La France vit, dimanche 10 mai, son 55e et dernier jour sous cloche avant le déconfinement, mais la prudence reste de mise afin de ne pas relancer la courbe des morts dues à l’épidémie, au plus bas depuis le début du mois d’avril.

Le Covid-19 a fait 80 morts entre vendredi et samedi, selon le dernier bilan officiel communiqué samedi soir. Cela porte le nombre total de décès à 26 310 depuis le 1er mars. La pression sur les services de réanimation continue de s’alléger, avec 38 nouveaux cas graves admis dans ces services, soit un solde de 56 malades du Covid-19 dans un état grave en moins. Autre signe de détente : l’hôpital de campagne des armées déployé à Mulhouse (Haut-Rhin) pour soulager l’hôpital de la ville n’a plus de patient depuis jeudi.

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A la veille de cette étape cruciale pour essayer d’enrayer la récession économique, les appels se multiplient contre tout relâchement de l’attention et des gestes de protection. Car, s’il faiblit, le virus continue de circuler, faute de traitement ou de vaccin.

L’Assemblée nationale a adopté samedi le texte de compromis de la commission mixte paritaire concernant le projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet. Ce dernier est donc définitivement adopté. Le Sénat, dominé par l’opposition de droite, avait donné un peu plus tôt son ultime feu vert, les socialistes et les communistes s’étant opposés. Le point sensible de la responsabilité pénale des acteurs publics et privés amenés à mettre en œuvre la sortie du confinement avait été tranché en début d’après-midi par la commission mixte paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs.

Les parlementaires se sont aussi accordés sur l’autre point d’achoppement du texte : la mise en place d’un suivi des malades du Covid-19 grâce à un « système d’information », un fichier de suivi en lien avec l’Assurance-maladie. Les parlementaires ont limité à trois mois la sauvegarde des données dans ce fichier, différent du projet d’application StopCovid, encore en phase de test.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a, par ailleurs, précisé qu’il saisirait le Conseil constitutionnel, souhaitant s’assurer que les mesures qui seront mises en œuvre « sont nécessaires et adaptées aux circonstances ». Emmanuel Macron avait déjà annoncé, de son côté, qu’il saisirait lui-même la haute juridiction.

Cinq régions – Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté et Mayotte –, soit 32 départements au total, restent classées « rouge » en raison de la circulation toujours rapide du virus et du risque de saturation des hôpitaux. Mais même dans les zones classées « vert », « il faut se garder de penser que tout est réglé », insistent les spécialistes. Ainsi, les autorités ont renouvelé les appels à la « vigilance » en Nouvelle-Aquitaine, en zone verte, après l’apparition de deux foyers épidémiques, en Dordogne et dans la Vienne.

Dans la Vienne, un cluster est apparu en milieu de semaine dans un collège de Chauvigny, où des professionnels s’étaient réunis pour préparer la rentrée. Celle-ci a été reportée du 18 au 27 mai dans cet établissement scolaire où quatre membres de l’équipe ont été testés positifs au coronavirus jeudi et samedi. Neuf personnes ont été placées en quatorzaine.

En Dordogne, c’est un cluster familial « avéré » qui a été identifié, après l’organisation d’obsèques fin avril dans le petit village d’Eglise-Neuve-de-Vergt, près de Périgueux. Dans ce département, la « situation a été maîtrisée en une semaine » autour de ce foyer qui « ne devrait pas avoir d’incidence sur ce département », a souligné le directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine, Michel Laforcade.

La région Ile-de-France, la plus peuplée et la plus endeuillée, va faire l’objet de règles plus strictes qu’ailleurs en raison de sa situation sanitaire, toujours critique, ainsi que du risque élevé de saturation des transports en commun. Pour tenter d’éviter la cohue redoutée dans les trains et les métros, une attestation de l’employeur sera obligatoire aux heures de pointe (6 h 30 à 9 h 30 et 16 heures à 19 heures). Soixante des 302 stations du métro parisien resteront fermées. L’accès à certaines gares pourra être filtré par les forces de l’ordre.

Après deux mois confinés loin de chez eux, certains parmi les dizaines de milliers de Franciliens qui avaient choisi de quitter l’Ile-de-France mi-mars ont commencé à y retourner. Si, après ces retours, le trafic automobile devient « trop intense », la maire de Paris (PS), Anne Hidalgo, envisage de demander la « circulation alternée », car « il en va de la santé des Parisiens et des habitants de la métropole », où la qualité de l’air peut très vite se dégrader, déclare-t-elle dans une interview au Journal du Dimanche. Pour favoriser l’usage du vélo, la maire de Paris avait annoncé il y a quelques jours la création de 50 km de pistes cyclables provisoires. Plusieurs rues seront piétonnisées.

La SNCF a communiqué ses prévisions de trafic pour lundi. Dans le détail, 60 % en moyenne des Transilien circuleront. L’entreprise assurera, en outre, 55 % des TER, 35 % des TGV et 25 % des Intercités.

Pour les trains d’Ile-de-France, l’attestation employeur sera obligatoire. Elle pourra être remplacée par une auto-attestation pour un certain nombre de cas, a précisé samedi le secrétariat d’Etat aux transports : travailleurs indépendants ne pouvant différer un déplacement, élèves se rendant dans un lieu d’enseignement ou d’examen, assistance de personnes vulnérables, garde d’enfant, consultations médicales, convocations judiciaires ou participation à une mission d’intérêt général.

Dans les TER de cinq régions (Occitanie, Hauts-de-France, Centre-Val de Loire, Normandie et Bourgogne-Franche-Comté), l’affluence sera limitée dans les trains par la mise en place d’un coupon numérique gratuit, téléchargeable ou imprimable à partir des applis SNCF ou du site TER.

Le port du masque sera obligatoire dans tous les transports, sous peine de 135 euros d’amende. L’Etat va mettre à partir de lundi « 10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport pour qu’ils les distribuent à leurs usagers », dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, selon le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner.

Autre dossier sensible : la réouverture des écoles, avec des règles sanitaires qui risquent de virer au casse-tête et inquiètent élus locaux et parents. « 85 % des écoles sont prévues pour rouvrir lundi. (…) Un million d’enfants vont retrouver le chemin de l’école, les conditions sanitaires sont réunies », a assuré le ministre de la santé, Olivier Véran, dans la nuit devant les députés.

Dans une interview au Journal du dimanche, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, souhaite que tous les enfants aient pu retrouver « au moins une fois » leur école d’ici à la fin mai. « Près de 86 % » des 50 500 écoles de France vont ouvrir à partir de lundi, selon le ministre. Elles accueilleront « plus de 1,5 million d’enfants », sur un total de 6,7 millions d’écoliers en maternelle et élémentaire. « Une grande partie des 14 % d’écoles restantes devraient rouvrir » avant la fin du mois, estime M. Blanquer.

Alors que cinq millions de personnes travaillent à distance, le ministère du travail a publié samedi un guide du télétravail pour le déconfinement, sous forme de questions-réponses, à destination des employeurs et des salariés. « Nous comptons sur la responsabilité de chaque entreprise pour continuer à recourir au télétravail au maximum de ce qui est possible et tout particulièrement en Ile-de-France où c’est crucial », a rappelé la ministre du travail, Muriel Pénicaud.

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Source: lemonde.fr

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