Droits de diffusion du football : l’Elysée ne veut pas intervenir dans le dossier Mediapro

Comment les clubs de football vont-ils se sortir de l’inextricable situation dans laquelle les met leur nouveau diffuseur, Mediapro ? Alors que tous les présidents de club répètent qu’il faut faire appel aux pouvoirs publics, « contacter les ministres », l’Etat ne compte pas mettre la main à la poche et pallier les insuffisances de l’éditeur de la chaîne Téléfoot, plongé dans des difficultés financières majeures.

« Nous n’allons pas intervenir auprès de Mediapro pour les aider à payer leurs dettes ou garantir les risques qu’ils ont pris dans le cadre d’un appel d’offres. Nous n’allons pas intervenir sur les droits télé », indique-t-on à l’Elysée, qui juge la méthode du groupe sino-espagnol « critiquable », voire « déplorable ». « Refuser de payer de manière unilatérale alors que l’on veut discuter, ce n’est pas acceptable », poursuit-on au palais.

Le groupe sino-espagnol, censé verser chaque année 780 millions d’euros à la Ligue de football professionnel (LFP), a décidé de ne pas payer la deuxième facture des droits télévisés, soit 172 millions d’euros dus le 6 octobre, puis a demandé une ristourne. En parallèle, il s’est placé sous la protection du mandat ad hoc auprès du tribunal de commerce de Nanterre, une procédure qui lui permet de gagner du temps et de renégocier avec la LFP.

L’Elysée, qui suit de près les aventures du football professionnel, a été informé des problèmes de Mediapro. Le 13 octobre encore, Jaume Roures, son fondateur catalan, prenait la peine d’appeler un conseiller à l’Elysée, quand la semaine d’avant, le directeur général France, Julien Bergeaud, expliquait les démarches de l’entreprise. « Ils m’ont répété ce qu’ils avaient dit publiquement, que les droits ne valaient plus le prix qui avait été acheté il y a deux ans à cause de la crise sanitaire, et que les décisions de la LFP, comme le choix de la date du début de saison ou le report de certains matchs, avaient eu un impact sur le produit », poursuit la même source.

Comment Mediapro, qui savait très bien qu’il ne ferait pas le plein d’abonnés le premier mois de son lancement, s’en est-il retrouvé là ? « Ils considèrent que les conditions sanitaires affectent leur capacité à mener le tour de table financier. Ils n’ont pas encore réussi à emprunter auprès des banques les sommes dont ils ont besoin et ont des discussions avec l’actionnaire », détaille l’Elysée, qui assure cependant qu’ils « continuent à avoir le même discours sur la viabilité économique de leur projet, et qu’ils n’ont pas pour stratégie d’en sortir ».

Source: lemonde.fr

- Pub -

- Pub -

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Voir Plus