Jean Tirole : « Le grand danger serait d’oublier l’avenir de la France et de l’Europe » dans la réponse à la crise

« Sachons nous réinventer, moi le premier. » Lors de son discours du 13 avril, le président de la République, Emmanuel Macron, a indiqué – une nouvelle fois – désirer revoir sa doctrine économique. Pour aiguiller les réflexions sur le sujet, l’Elysée va lancer, vendredi 29 mai, une « commission d’experts sur les grands défis économiques ». Parmi ses membres : des chercheurs de haut vol, tels que Dani Rodrik (Harvard), Carol Propper (Imperial College de Londres), Stefanie Stantcheva (Harvard), ou encore Axel Börsch-Supan (Centre de Munich sur l’économie du vieillissement). Elle rendra un rapport en décembre autour de trois grands thèmes : climat, inégalités et vieillissement. Le Prix Nobel d’économie 2014 Jean Tirole et Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) de 2008 à 2015, en seront les deux rapporteurs.

Olivier Blanchard : Lorsqu’on constitue une commission de ce type, il faut choisir si on l’ouvre à la société civile ou à d’autres spécialistes, comme les sociologues. Nous avons décidé de nous en tenir à des économistes, sachant que nos travaux seront l’une des sources de réflexion parmi d’autres qu’aura le président.

Jean Tirole : Nous avons tenté de constituer une équipe équilibrée, cumulant expertise scientifique et capacité à définir des réponses concrètes. Et ce, avec une diversité géographique – il y a huit Français, huit Européens, huit Américains –, et d’âge, en mêlant des stars montantes mais déjà mondialement reconnues, comme Emmanuel Farhi ou Stefanie Stantcheva (tous deux à Harvard), et des profils plus expérimentés comme les Prix Nobel Paul Krugman (Princeton) et Peter Diamond (MIT), ou encore, côté français, Philippe Aghion, Laurence Boone, Daniel Cohen.

J. T. : Ce rapport sera écrit en indépendance, hors de toute influence politique. Nous voulons construire une boîte à idées, avec une forte dimension européenne – nous sommes ainsi allés chercher des spécialistes dans les pays voisins pour que nos réflexions se diffusent. Le président sera ensuite libre de suivre nos recommandations. C’est à nous de le convaincre.

O. B. : Nos travaux sont menés dans un esprit post-Covid, sur les questions de moyen et de long terme, qu’il ne faut pas oublier en dépit de l’urgence.

Source: lemonde.fr

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