Laurent Berger : « Si demain la logique est de serrer les boulons, nous irons droit dans le mur »

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Le secrétaire général de la CFDT insiste pour que la reprise d’activité se fasse dans le cadre du dialogue social. Il plaide à l’avenir pour un nouveau mode de développement et plus de solidarité.

Dans le monde du travail, je ressens une forme de fatigue psychologique. Ceux qui sont en première ligne, à leur poste, vivent une situation tendue, même quand ils ont des équipements de protection. Ceux en télétravail se trouvent dans des contextes différents et parfois éprouvants, entre les devoirs scolaires des enfants et des logements trop exigus. Enfin, ceux qui sont en chômage partiel subissent, pour une partie d’entre eux, une perte de revenus et commencent à rencontrer des difficultés financières. Dans certaines entreprises, des salariés ont envie de revenir, d’autres ne le souhaitent pas car ils ont peur. Faut-il déconfiner le 11, 18 ou 25 mai ? Je n’en sais rien. Mais le retour au travail ne doit intervenir que dans des conditions de sécurité maximales.

Ce guide émet des recommandations précises en termes de santé, mais ne dit rien sur la méthode sociale pour y parvenir. C’est son grand manque. C’est incroyable qu’il n’y ait pas au minimum une explication pour dire que ces préconisations doivent être mises en œuvre dans le cadre d’un dialogue interne. Les entreprises qui vont l’appliquer de manière unilatérale risquent de passer à côté de l’essentiel, c’est-à-dire redonner confiance aux salariés.

Il y a des entreprises dont le premier réflexe, quand elles préparent la reprise d’activité, est de contacter les élus du personnel et le processus se passe bien. Dans d’autres, on a le sentiment que les choses se déroulent sans que les salariés ou leurs représentants soient associés. La logique du vertical où quelques personnes décident pour tout le monde ne peut pas être la solution.

Ce serait un très mauvais signal que de faire évoluer la loi. Il faut une obligation de moyens renforcée. C’est sur ce sujet que doit être évaluée la responsabilité pénale ou civile des entreprises. Des patrons vont être en capacité de donner toutes les garanties de sécurité à leurs salariés : est-on sûr d’éviter in fine la contamination ? Non, mais ça sécurise sacrément. Si un dialogue social est mis en œuvre, la confiance est là. Et dans la phase du déconfinement, c’est de confiance dont on aura besoin.

Source: lemonde.fr

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