Le coronavirus en France : l’épidémie a fait 2 314 morts dans les hôpitaux, plus de 4 200 patients en réanimation

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Après une dizaine de jours de confinement national, mesure qui vient d’être prorogée jusqu’au 15 avril, la France continue à s’organiser pour tenter de soulager les hôpitaux des régions les plus frappées par l’épidémie. Lors d’une conférence de presse, samedi, le gouvernement a tenté de répondre aux inquiétudes des Français et d’expliquer sa stratégie.

Le premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre de la santé, Olivier Veran, ont tenu une longue conférence de presse, samedi, lors de laquelle ils ont fait œuvre de pédagogie et défendu la stratégie de l’exécutif contre l’épidémie de Covid-19. Ils ont également fait plusieurs annonces, dont voici les principales :

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Quatre résidents sont décédés ces cinq derniers jours dans un Ehpad du Thillot (Vosges) dont la moitié des 116 résidents sont considérés comme des « cas suspects » de contamination par le coronavirus, ont annoncé dans un communiqué samedi l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand-Est et la préfecture des Vosges. Ils précisent :

Le gouvernement a annoncé samedi sa décision de suspendre tous les vols commerciaux à partir ou vers Mayotte, et de réduire à trois par semaine les liaisons entre Paris et La Réunion, « pour ralentir au maximum la propagation du virus Covid-19 ».

« Quoiqu’en très forte baisse depuis plusieurs jours, le volume de passagers arrivant par les vols à destination de La Réunion pourrait risquer d’excéder rapidement les capacités d’accueil des voyageurs en quatorzaine », a estimé le gouvernement pour expliquer ce renforcement, décidé après « échange avec les élus et les compagnies aériennes ».

Une « continuité minimale » des liaisons aériennes entre Mayotte et La Réunion sera mise en place pour avitailler Mayotte en produits sanitaires et alimentaires, permettre les rapatriements et évacuations urgentes et les renforts de personnel soignant, ajoutent-ils.

Un décret, publié la semaine prochaine, permettra de recourir à des médecins ayant des diplômes hors Union européenne pour venir en aide aux territoires d’outre-mer dans la lutte contre le coronavirus, a annoncé samedi le Premier ministre Edouard Philippe. Plusieurs élus d’Outre-mer réclamaient l’arrivée de médecins, notamment cubains.

Globalement, les Outre-mer sont moins touchés pour l’instant que l’hexagone, avec au total près de 550 cas et quatre décès, mais ils disposent de systèmes de santé plus fragiles, qui font craindre une catastrophe sanitaire dans ces territoires en cas d’extension de l’épidémie. Le premier ministre Edouard Philippe a promis samedi soir une augmentation du nombre de lits de réanimation en Outre-mer.

Selon le dernier bilan officiel diffusé samedi 28 mars, l’épidémie de Covid-19 a fait 2 314 morts dans les hôpitaux, dont 319 au cours des dernières 24 heures, et conduit 4 273 patients en réanimation (+ 486). Ce dernier bilan porte à 37 575 le nombre de cas confirmés dans le pays, 17 620 patients sont hospitalisés (+ 1 888). Le nombre de morts annoncé ne concerne à ce stade que les patients décédés dans les hôpitaux. Les chiffres complets de la mortalité de l’épidémie ne sont pour l’instant pas connus.

Grâce à un nouveau système de surveillance mis en place ce week-end, les autorités devraient cependant pouvoir la semaine prochaine donner des chiffres de mortalité dans les établissements pour personnes âgées. Les déclarations de décès à l’état-civil permettront également d’évaluer la surmortalité, avec un décalage. Selon le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, sur la semaine dernière, une surmortalité de 6 % a été observée au niveau national.

« Ça va augmenter, le sommet de la vague est prévu pour la fin de la semaine prochaine », avance le docteur Michèle Granier, présidente de la commission médicale de l’hôpital de Corbeil-Essonnes, en banlieue parisienne. D’autres experts tablent sur un pic prévu entre le 5 et le 15 avril.

Dans le cadre de l’opération « Résilience », les transferts de patients s’intensifient, avec la mise en œuvre ce week-end de la plus importante évacuation sanitaire sur le territoire français.

Samedi matin, la première évacuation effectuée par un hélicoptère militaire de Metz vers l’Allemagne a été conduite avec deux patients gravement atteints. D’autres transferts de malades devraient être décidés au fur et à mesure selon l’évolution de la situation.

Une quarantaine de patients doivent également être transférés du Grand-Est vers la Nouvelle-Aquitaine. La région Grand-Est est une des plus touchées par l’épidémie : 660 personnes sont mortes et 3 607 sont hospitalisées, dont 747 en réanimation, selon la préfecture de région et l’Agence régionale de santé. Dans le détail :

La Nouvelle-Aquitaine dispose en « soins critiques » (incluant la réanimation, les soins intensifs et continus) de 1 640 lits, dont 569 disponibles. Une situation qui contraste avec celle de l’Ile-de-France, de plus en plus tendue : sur 1 500 places dans les services de réanimation de la région parisienne, 1 300 lits sont actuellement occupés.

Mesure d’« anticipation », une quinzaine de patients franciliens en réanimation devraient également être évacués ce week-end vers des établissements de la région Centre-Val de Loire, a précisé le directeur général de la santé, Jérôme Salomon.

Les soignants redoutent aussi une « potentielle pénurie de médicaments de réanimation à venir », selon le professeur Bruno Riou, directeur médical de crise de l’AP-HP (hôpitaux de la région parisienne).

Le matériel est au cœur d’une gronde croissante, incarnée par un collectif de soignants, déjà à l’origine de plaintes contre Edouard Philippe et l’ex-ministre de la santé Agnès Buzyn, et qui a réclamé au gouvernement les contrats de commande de masques et tests de dépistage du coronavirus de ces trois derniers mois. Emmanuel Macron, lui, a nié tout éventuel retard français dans la gestion de l’épidémie :

Les préfets ont été appelés à identifier dans leurs départements des « lieux »« les corps pourraient être conservés dans la dignité dans l’attente de leur inhumation », a expliqué la porte-parole du ministère de l’intérieur, Camille Chaize. Elle a précisé qu’un « travail [était] conduit avec les acteurs » de ce secteur « pour simplifier la cérémonie funéraire ». Mme Chaize a précisé que « les proches pourraient voir le visage du défunt » sans « risque sanitaire » pour eux.

Les obsèques des victimes sont très succinctes et se déroulent dans la plus stricte intimité (pas plus de 20 personnes, a rappelé Mme Chaize). La porte-parole a, en outre, annoncé que les personnels des pompes funèbres seraient inscrits sur la liste « des bénéficiaires prioritaires des personnels protégés » afin d’avoir tous les moyens nécessaires à leur protection.

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Source: lemonde.fr

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