Le coronavirus survit-il quand on meurt ? Combien de temps ?

Le coronavirus survit-il quand une personne contaminée meurt ?

Lorsqu’il est vivant, le coronavirus est un virus très contagieux qui se transmet par voie respiratoire et par contacts physiques. Les scientifiques semblent s’accorder sur le fait qu’une personne infectée peut potentiellement contaminer deux à trois personnes en moyenne. C’est ce qu’on appelle le taux de reproduction de la maladie. Lorsqu’il est hébergé chez un hôte vivant, le coronavirus serait donc très agressif, en revanche, que devient-il à la mort d’une personne contaminée ?

Le risque infectieux ne disparaît pas immédiatement avec le décès d’un patient infecté.

Le coronavirus est un virus que les scientifiques ne connaissent pas encore très bien. Mais il se pourrait qu’il survive quelques temps et qu’il soit toujours contagieux même si la personne malade est décédée. Dans ce contexte, les personnels de santé et de la chaîne funéraire qui doivent manipuler des défunts ont eu des restrictions de la part du Haut Conseil à la Santé publique. “Les chambres funéraires restent ouvertes en tant que “services publics essentiels à la vie de la Nation”. En revanche, nous les thanatopracteurs, nous avons eu l’interdiction de pratiquer des soins de conservation et de faire des actes de thanatopraxie (maquillage par exemple) sur des corps diagnostiqués positifs au coronavirus“, confie Audrey Chamel, thanatopractrice. Pour quelle raison ? “Le risque infectieux ne disparaît pas immédiatement avec le décès d’un patient infecté, mais les voies de transmission sont réduites, et en particulier la voie respiratoire, qui constitue le mode principal de transmission du coronavirus”, confirme le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) dans un avis du 24 mars 2020. Et de préciser que “le virus [a pu être] retrouvé dans les voies aériennes supérieures et potentiellement dans les voies aériennes profondes et le système digestif des personnes infectées“. La transmission du coronavirus des surfaces contaminées vers les mains n’a pas été prouvée. Cependant, elle ne peut être exclue, à partir de surfaces fraîchement contaminées par les sécrétions. Les coronavirus survivent probablement jusqu’à 3 heures sur des surfaces inertes sèches et jusqu’à 6 jours en milieu humide. Ainsi, la transmission manuportée à partir de l’environnement ou du patient est possible. Et la manipulation d’un corps peut exposer le personnel le manipulant à des germes à transmission aérienne“, détaille le HCSP .

Lorsque des sécrétions corporelles se déposent sur une surface plane et métallique, le virus pourrait être contagieux. 

“Le problème, c’est que les connaissances sur ce virus sont limitées.Par exemple, pour le VIH ou le virus de l’hépatite C, on doit faire très attention et mettre encore plus de protections que d’habitude mais on est autorisé à faire des soins. En ce qui concerne le coronavirus, il semble en effet y avoir un risque de transmission de la maladie même après la mort. Lorsque des sécrétions corporelles d’un défunt décédé du coronavirus se déposent sur une surface plane et métallique, le virus pourrait être contagieux. Néanmoins, les chercheurs ne savent pas encore le niveau de contagion sur du tissu ou sur des vêtements par exemple“, poursuit-elle. Dans ce contexte les effets personnels de la personne décédée – s’ils ne peuvent pas être lavés à plus de 60°C pendant au moins 30 minutes ou désinfectés – sont mis dans un sac plastique fermé pendant 10 jours, précise le HCSP.

Comment se passe la prise en charge du corps d’un patient décédé du Covid-19 ?

Les soins de thanatopraxie ne doivent pas être pratiqués. En revanche, la toilette mortuaire en chambre funéraire ou en chambre hospitalière est autorisée “en appliquant les précautions gouttelettes et contact”. Dans ce cas, le personnel en charge de la toilette, de l’habillage ou du transfert dans une housse doit être équipé d’une tenue de protection adaptée (lunettes, masque chirurgical, tablier anti-projection, gants à usage unique). Ensuite, le défunt décédé des suites du coronavirus, muni d’un bracelet d’identification (comme tous les défunts mais pour lui il est précisé la cause du décès par coronavirus), est placé dans une housse mortuaire qui ne doit en aucun cas être rouverte et sur laquelle l’opérateur funéraire est invité à inscrire l’identité du défunt à l’aide d’un marqueur et la cause par Covid-19. Les proches peuvent toutefois voir le visage de la personne décédée dans la chambre hospitalière, mortuaire ou funéraire, avant sa mise en bière (et son enterrement ou sa crémation). tout en respectant les mesures barrières détaillées dans l’avis du HCSP.

Combien de temps le coronavirus est-il contagieux ?

Le Covid-19 pourrait survivre jusqu’à 72 heures sur du plastique et sur de l’acier. 

Des chercheurs américains spécialisés dans les maladies infectieuses ont voulu déterminer la durée d’infection du coronavirus en fonction de la surface sur lequel il se trouvait. Mis en ligne sur le site de prépublication scientifique “medRxiv” le 10 mars 2020, leurs résultats indiquent que la durée de contamination du Covid-19 seraittrès similaire à celle du Sars-Cov1, le virus responsable de l’épidémie de Sras en 2003. Le Covid-19 pourrait survivre jusqu’à 72 heures sur du plastique et sur de l’acier. Au-delà, le nombre de particules virales infectieuses est quasiment inexistant. Sur une surface en cuivre, le virus semble avoir une durée de vie inférieure à 8 heures et sur du carton, une durée de vie inférieure à 24 heures. Voilà pourquoi il est particulièrement important de désinfecter régulièrement les plans de travail en métal, les poignées de porte et de respecter les gestes-barrières (se laver les mains fréquemment, tousser dans son coude, nettoyer son écran de téléphone…)

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Durée de vie du Covid-19 sur différentes surfaces © NEJM

Comment se multiplie un virus ?

Les virus sont les plus petits des parasites : ils mesurent entre 0,02 à 0,3 μm. Pour qu’il y ait infection, le virus – et c’est le cas du coronavirus – doit se lier à une “cellule-hôte” au niveau d’un récepteur présent sur la surface cellulaire. Sous l’action de différentes enzymes, le virus se réplique à l’intérieur de la cellule-hôte. Infectée, la cellule-hôte meurt et en mourant, libère de nouveaux virus qui vont infecter d’autres cellules-hôtes. Les conséquences de l’infection virale sont variables : dans la plupart des cas, l’infection entraîne une maladie aiguë aprèsune période d’incubation(estimée entre 3 à 5 jours dans la plupart des cas  pour le Covid-19, mais pouvant aller jusqu’à 14 jours). Dans certains cas, l’infection virale est asymptomatique, c’est-à-dire qu’elle ne provoque pas de symptômes. Le malade est dit “porteur sain“. 

Comment meurt un virus ?

Les maladies virales peuvent également être éradiquées par des traitements ou des vaccins efficaces.

De nombreuses infections virales sont éliminées par les défenses de l’organisme. “Il arrive qu’un virus à l’origine d’une épidémie disparaisse de lui-même. Mais à partir du moment où il existe plusieurs sources de contamination possibles, c’est plus rare. Pour éradiquer un agent infectieux d’origine inconnue, la méthode la plus efficace serait de l’isoler“, indique Christophe Batejat, Responsable adjoint de la cellule d’Intervention Biologique d’Urgence à l’Institut Pasteur, interrogé par LCI. Mais les maladies virales sont surtout éradiquées par des traitements ou des vaccins efficaces. Des recherches ont été menées pour déterminer les effets de certaines molécules sur le coronavirus, dont l'(hydroxy)chloroquine, déjà utilisée pour le traitement des maladies auto-immunes comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. “Cette molécule pourrait avoir un effet sur la disparition du virus“, indique le professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille et infectiologue qui a dévoilé les premiers résultats positifs de ses essais cliniques sur cette molécule. Dans un décret publié le 26 mars, le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé Olivier Véran ont autorisé la prescription du Plaquenil® (hydroxychloroquine) et du Kaletra® (lopinavir/ritonavir) aux patients atteints par le Covid-19, sous la responsabilité d’un médecin et dans les établissements de santé. Le ministre de la Santé n’aura finalement pas attendu les conclusions d’un grand essai clinique lancé par l’Inserm sur 3200 Européens (dont 800 Français) atteints du coronavirus pour valider la prise de l’hydroxychloroquine.

Sources :

  • Revue générale sur les virus, Laura D Kramer, PhD, Wadsworth Center, NYSDOH, février 2018
  • Etude, Aerosol and surface stability of HCoV-19 (SARS-CoV-2) compared to SARS-CoV-1, Neeltje van Doremalen, NEJM Original Article.
  • Droit funéraire et coronavirus – CoVID-19 – 16 mars 2020, Services de l’Etat
Source: journaldesfemmes.fr

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