Grossesse

Le lactarium d’Ile-de-France suspend la délivrance de lait maternel après deux décès suspects

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Le lactarium d’Ile-de-France rattaché à l’hôpital Necker a suspendu « par précaution » la délivrance de lait suite à la suspicion de contamination de trois grands prématurés. Deux sont décédés. La ministre de la Santé a annoncé et qu’une inspection de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) aura lieu aujourd’hui.

lactariumLes dons de lait maternel sont indispensables pour les grands prématurés. Ils font l’objet de nombreux contrôles.

Chaque année, environ 2 500 prématurés sont pris en charge en Ile-de-France. Le lactarium d’Ile-de-France est chargé de collecter les 7 000 litres de lait de femme, nécessaires à leur alimentation en raison de ses propriétés nutritionnelles et biologiques spécifiques. Les « donneuses » font l’objet de tests et sont interrogées sur leur hygiène de vie. La première mission du lactarium d’Ile de France est de collecter le lait et de le distribuer en tant que produit de santé aux hôpitaux de la région. Le lait collecté est mélangé et pasteurisé à 63°C, chaque poche est testée avant et après pasteurisation. Si elle passe les tests, elle est envoyée sous forme lyophillisée aux services de néonatalogie qui en ont besoin. Là, elle sera reconstituée sous une hotte à flux laminaire (un dispositif limitant la possibilité de contamination).

Bacillus Cereus : une bactérie bénigne sauf pour les plus fragiles

La bactérie Bacillus Cereus fréquemment présente dans l’environnement, on peut la retrouver dans le sol, l’eau, les végétaux… Elle peut survivre sous forme de spores résistantes à la chaleur. Elle peut contaminer des aliments et causer des intoxications alimentaires chez l’homme (vomissements, diarrhées…), le plus souvent bénignes.

Mais chez les personnes immunodéprimées et en particulier sur les nouveaux nés les plus fragiles, elle peut être responsables d’infections graves généralisées (septicémies, méningites), qui peuvent être fatales. Le traitement de ces infections repose sur des antibiotiques. Chez les prématurés, la paroi digestive est si fine qu’une infection par une germe peut conduire à une septicémie.

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L’infection bactérienne est-elle à l’origine des deux décès ?

L’AP-HP a donc rapporté trois cas de contamination de nouveaux nés grands prématurés (moins de 1 kg) dans deux services de néonatalogie depuis le 6 août. Parmi ces enfants, deux sont décédés sans qu’il soit encore possible de dire si c’est l’infection qui est à l’origine de l’aggravation de leur état. Le troisième se porte bien.

Dans son communiqué, l’AP-HP précise la prochaine étape : « Des analyses des souches ayant contaminé les grands prématurés sont en cours, pour déterminer si ces souches sont identiques et donc s’il peut y avoir une origine commune à ces trois situations de contamination« . Ce typage des souches va prendre plusieurs jours, le résultat devrait être disponible au plus tard en fin de semaine prochaine.

Interrogée 

au « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro, la ministre de la Santé, Marisol Touraine a précisé que : « Dès demain (NDLR : aujourd’hui), une inspection de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) se fera sur place dans le lactarium et les services concernés pour essayer d’identifier ce qui c’est passé« .

Suspension de la délivrance du lait du lactarium de l’hôpital Necker

A ce stade, une « enquête » va tenter de déterminer si la contamination bactérienne a eu lieu via le lait, via les systèmes de ventilation, via l’environnement immédiat (objets et environnement immédiat de ces enfants fragiles). Aujourd’hui, on sait que ces trois grands prématurés ont en commun d’avoir reçu, dans leur alimentation, du lait d’origine maternel délivré par le

lactarium d’Île-de-France rattaché à l’hôpital Necker. A ce jour, les contrôles microbiologiques effectués sur les laits délivrés par le lactarium de Necker (y compris ceux administrés aux trois nouveaux nés concernés) ont tous été négatifs.

Mais selon l’AP-HP, « Il n’est pas possible d’affirmer que ce lait soit à l’origine des contaminations, mais il n’est pas non plus possible de l’exclure à ce stade. C’est pourquoi, par mesure de précaution, il a été décidé de suspendre la délivrance de lait de ce lactarium, avec rappel des lots, en concertation étroite avec les autorités sanitaires« . Avec cette mesure de précaution, aucun nouveau-né n’est donc actuellement exposé au lait suspecté de pouvoir être à l’origine de la contamination des trois cas identifiés.

Plus aucun nouveau-né exposé au lait suspecté

Le lactarium rattaché à l’hôpital Necker approvisionne les services de néo-natalogie de la région Ile de France et d’autres régions : Antoine Béclère , Argenteuil, Bichat, Caen, Créteil, Corbeil, Esquirol Saint Maurice, Etampes, Foch, Fontainebleau, Jean Verdier, Kremlin Bicêtre, Laon , Louis Mourier, Mantes la Jolie, Meaux, Montmorency Eaubonne, Montreuil, CH CNP (Neuilly), Orsay, Pitié salpêtrière, Poissy, Port royal Cochin, Robert Debré, Robert Ballanger, Reims, Saint Denis, Saint Joseph (Paris), Trousseau, Villeneuve saint Georges. 

Selon l’AP-HP, ces établissements ne souffriront pas de cette fermeture. « Les informations recueillies auprès des autorités sanitaires ont permis de vérifier que des solutions de suppléance étaient mobilisables auprès d’autres lactariums« .

Créé le 05 septembre 2016

Sources :

Communiqué de l’APHP- 3 septembre 2016

Photo : DELAGE JEAN-MICHEL/SIPA

Source: Doctissimo.fr

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