Santé

Le langage des enfants est moins développé si la télévision est allumée pendant les repas familiaux

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Au cours des dernières décennies, les écranssont devenus incontournables dans notre quotidien. Même les enfants d’âge préscolaire passent un temps considérable à les regarder, et les enfants âgés de 3 à 6 ans passent en moyenne près de 2 heures par jour devant les écrans selon les estimations de l’Inserm. Si de nombreux chercheurs ont mis en évidence des liens entre le temps passé à les regarder et le développement cognitif de l’enfant, peu d’entre eux ont orienté leurs recherches sur le contexte de leurs usages. Tel était l’objectif de chercheurs de l’Inserm* qui se sont intéressés à un moment précis au sein du foyer familial : lorsque la télévision est allumée au moment des repas familiaux.

Leurs résultats publiés dans la revue Scientific Reportsont identifié une association entre cette habitude et un plus faible développement du langage, une pratique sociale où l’interaction humaine joue un rôle important dans son acquisition. Grâce à la cohorte française EDEN, portant sur le développement psychomoteur et de la santé de l’enfant et dont le but de suivre des enfants dès la fin du premier trimestre de grossesse jusqu’à l’âge de 5 ans, les chercheurs ont pu mesurer les temps d’exposition aux écrans. Ils ont plus spécifiquement porté leur attention sur la fréquence d’exposition pendant les repas de famille, des moments clés d’échanges entre parents et enfants.

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Une exposition indirecte aux écrans suffit à provoquer un apprentissage moindre du langage

En parallèle, « des évaluations du langage ont été menées afin d’identifier la manière dont le contexte de l’exposition aux écrans peut influencer le développement du langage chez l’enfant », précisent les chercheurs. Pour mesurer ces temps et contextes d’usage des écrans, des questionnaires ont été remplis par les parents des 1 562 enfants membres de la cohorte suivis à l’âge de 2, 3 et 5 ans et demi. C’est dans ce cadre que les parents ont dû renseigner la fréquence à laquelle la télévision était allumée au sein de leur foyer pendant les repas. Pour le temps d’écran des enfants, seuls les temps passés devant la télévision, l’ordinateur et les jeux vidéo ont été considérés dans l’étude.

Concernant l’évaluation du langage, des questionnaires ont été remplis par les parents lorsque les enfants étaient âgés de 2 ans, puis par des psychologues à 3 ans et 5 ans et demi. Les données une fois croisées ont montré qu’une fréquence plus élevée de télévision regardée ou allumée en fond sonore ou visuel pendant les repas était associée à de moins bons résultats en matière de langage. Mais, fait étrange, les chercheurs ont constaté que le langage de l’enfant ne semblait pas directement lié au temps passé devant les écrans. En analysant ces relations à chaque âge, le niveau de langage à 2 ans était plus faible chez les enfants exposés pendant les repas par rapport aux enfants qui ne l’étaient « jamais ».

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L’impact de la télévision n’est pas seulement sur les enfants

Qu’en est-il quelques mois et années plus tard ? À 3 et 5 ans et demi, les évaluations de langage et le quotient intellectuel verbal étaient plus élevés chez les enfants « jamais » exposés à la télévision pendant les repas de famille, par rapport à ceux qui l’étaient « parfois » ou plus fréquemment. Par ailleurs, le quotient intellectuel verbal évalué à l’âge de 5 ans et demi s’est révélé inférieur chez les enfants qui ont toujours été exposés à la télévision pendant les repas de famille à l’âge de 2 ans comparé à ceux qui ne l’étaient jamais, avec une différence moyenne de 3 points de QI. Un résultat qui encourage donc à mieux prendre en compte le contexte d’exposition aux écrans, pas seulement sa durée.

« Bien que les enfants soient exposés au langage par l’intermédiaire des dessins animés et autres programmes vus sur des écrans, l’interaction verbaleentre l’adulte et l’enfant est fortement associée à un meilleur développement du langage de l’enfant. La télévision pendant les repas peut donc constituer un frein aux interactions verbales de l’enfant, diminuant à la fois la qualité et la quantité des échanges entre enfants et adultes », explique Jonathan Bernard, co-auteur de l’étude. Car il s’avère que la télévision allumée au cours des repas familiaux peut avoir à la fois un effet sur l’enfant, en le distrayant, et sur les parents : elle peut les détourner des conversations avec leurs enfants.

Qui plus est, même en arrière-plan, les stimulations auditives et visuelles peuvent augmenter les distractions de la famille dans son environnement. Une situation davantage problématique pour les enfants car cela accroît « ses difficultés d’extraire d’un fond sonore les distinctions phonologiques et caractéristiques syntaxiques propres à la langue et nécessaires à la qualité de son apprentissage », conclut l’équipe scientifique. A noter qu’une précédente étude de l’Inserm avait déjà démontré que les enfants exposés aux écrans le matin avant l’école, et qui discutaient rarement ou jamais du contenu de ces écrans avec leurs parents, étaient environ six fois plus à risque de développer des troubles du langage.

*Chercheurs Inserm au Centre de recherche en épidémiologie et statistiques.

Source: SanteMagazine.fr

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