Le traitement contre l’acné de l’adolescent

Le traitement contre l'acné de l'adolescent

De nombreux mythes et malentendus sur les causes de l’acné, ainsi qu’un manque général de connaissances sur la façon dont les traitements peuvent la contrôler, peuvent laisser des séquelles chez l’adolescent·e. Dans la plupart des cas, l’acné peut être soignée grâce à des remèdes très simples, en vente libre. D’autres cas, plus graves nécessitent des soins professionnels. Trop souvent, ces soins sont retardés, entraînant une détresse émotionnelle et sociale chez les jeunes. 

Quoi de plus banal que des boutons d’acné à l’adolescence ? En France, 80 % des 12-18 ans sont concernés par l’acné. « Les adolescents des pays occidentaux développent de l’acné à partir de la puberté, lors des modifications hormonales, jusqu’à un âge parfois avancé, explique le Dr Nina Roos, dermatologue à Paris. Mais l’apparition de boutons est variable selon le développement de l’enfant, son type de peau, ses antécédents familiaux. 

Un pic vers 16-17 ans

Globalement, les premières petites lésions surviennent le plus souvent vers 12-13 ans chez les deux sexes, parfois plus tôt chez les filles. « Le pic des consultations en dermatologie se situe autour de l’âge de 16-17ans, avec des lésions plus importantes, souvent inflammatoires », précise la spécialiste.

La disparition définitive de l’acné est difficile à déterminer car un “fond” peut persister jusqu’à 30 ans chez les garçons, généralement plus tard chez les filles, qui développent ensuite une forme d’acné, dite “de l’adulte”, différente de celle contractée à l’adolescence.

Les médecins ne disposent d’aucune solution miracle pour garantir la disparition totale de l’acné ; toutefois, elle a tendance à s’améliorer d’elle-même après l’âge de 20 ans.

Les différents types d’acné chez l’adolescent

  • L’acné rétentionnelle se traduit par la production de comédons : des points noirs et des points blancs. C’est en général ainsi que débute l’affection.
  • L’acné inflammatoire se caractérise par des gros boutons rouges douloureux et des kystes qui peuvent laisser des cicatrices en creux.
  • L’acné mixte associe les comédons et les gros boutons rouges. C’est le cas le plus répandu chez l’adolescent. On parle d’acné polymorphe juvénile.
  • L’acné conglobata est une forme d’acné sévère associant de volumineux nodules et des kystes de façon profuse.
  • L’acné fulminante est une forme rare où le jeune patient acnéique (traité ou non), présente une forte fièvre, des douleurs articulaires et musculaires diffuses, une extension brutale de ses lésions, qui deviennent très inflammatoires, ulcérées, croûteuses et douloureuses. L’évolution est lente, et les cicatrices en général très marquées.

Consulter le plus tôt possible pour limiter l’impact psychologique

Le stress émotionnel et social ordinaire de l’adolescence peut devenir encore plus difficile à surmonter en présence d’acné. Ce trouble affecte la façon dont les adolescents se sentent par rapport à eux-mêmes et peut même augmenter le risque de dépression, d’anxiété et d’isolement social. Même si cette maladie de peau est visible, les souffrances qu’elle provoque sont rarement évoquées aux parents.C’est pourquoi, il est parfois indispensable de prendre les devants si on veut aider son adolescent à se sentir mieux dans son corps et dans sa tête.  

Il est nécessaire d’inciter les adolescents à consulter, dès l’apparition des boutons d’acné. N’oublions pas qu’ils accordent à cet âge-là une grande importance à leur image. C’est aussi le moment pour eux d’adopter de bonnes habitudes en matière d’hygiène et de santé.

Quel spécialiste consulter ?

« Le principal interlocuteur et thérapeute de l’acné, quelle que soit sa forme, est le dermatologue. Il est formé sur les mécanismes à l’origine de l’acné et est régulièrement avisé des avancées par la presse spécialisée, indique le Dr Nina Roos, dermatologue. Si les médecins généralistes et les pédiatres conseillent parfois des traitements, il est rare qu’ils se hasardent dans les associations de molécules et des cosmétiques. Par ailleurs, ils ne prennent pas en charge les cicatrices. Les soins chez les esthéticiennes n’ont, quant à eux, pas leur place dans la stratégie thérapeutique de l’acné. 

De l’importance de l’alimentation et de l’hygiène ?

Contrairement à la croyance populaire, l’acné ne résulte pas de la saleté de la peau. En réalité, l’irritation par des lavages trop fréquents peut favoriser ce problème. Laver les zones affectées pas plus que deux fois par jours, avec un produit doux plutôt que du savon, est déjà un premier pas.

En ce qui concerne l’alimentation, son effet est controversé. Des études suggèrent qu’un régime pauvre en glucides, riche en céréales complètes et en légumineuses, semble améliorer l’acné chez les adolescents. Chez certaines personnes, les produits laitiers peuvent aggraver l’acné. Dans ce cas, essayez de réduire la consommation de lait de votre adolescent et observez les effets sur sa peau.

De même, les gros consommateurs de viande et de volaille, peuvent être plus susceptibles de développer l’acné par une réaction en chaîne complexe qui stimule les glandes graisseuses de la peau. Mais l’influence sur l’acné d’autres éléments diététiques comme le chocolat et les aliments frits semble plus un mythe qu’un fait.

En vidéo : Quelle routine beauté pour lutter contre l’acné ?

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Trouver un traitement adapté n’est pas une mince affaire…

Le plus important, indiquent les experts, consiste à trouver le bon traitement. Des remèdes en vente libre permettent d’éliminer les bactéries qui favorisent l’acné. Ils sont généralement efficaces et bien tolérés. Mais dans les cas les plus graves, l’intervention d’un·e professionnel·le de santé est préférable, pour éviter les cicatrices.

Le traitement adapté à l’acné dépend :

  • du type des lésions que présente le patient ; 
  • de son terrain génétique ; 
  • des contre-indications ou allergies ; 
  • de sa tolérance aux médicaments,
  • de la présence d’une grossesse
  • et plu généralement, du mode de vie de l’adolescent à soigner.

« Globalement, les médecins commencent par prescrire des traitements locaux. Il en existe de différents types : ceux ciblant principalement les lésions rétentionnelles (dérivés de vitamine A ou acides de fruits) et ceux ciblant les lésions inflammatoires (antibiotiques ou peroxyde de benzoyle), développe la dermatologue Nina Roos.

Lorsque l’acné est sévère dès son apparition, avec un risque de cicatrices, ou en cas d’échec des traitements locaux, le dermatologue propose un antibiotique de la famille des cyclines à prendre durant trois mois (associé à des soins locaux), voire de l’isotrétinoïne en comprimés. Ce traitement est en général efficace, mais il est parfois mal toléré et impose une surveillance biologique (prise de sang) régulière, une visite mensuelle chez le dermatologue et une contraception chez les filles (la pilule contraceptive réduit la fluctuation des hormones et peut calmer l’acné). » 

Un suivi à long terme pour venir à bout des boutons

Les différents soins de l’acné sont généralement disponibles sur ordonnance. Ces traitements fonctionnent bien, mais ils doivent absolument être poursuivis sur une longue durée avec, parfois, des soins locaux en crèmes à appliquer pendant plusieurs années. Rassurez-vous : cette maladie de peau n’est pas une fatalité ! Elle peut se traiter, et il ne faut pas se décourager, même si le médecin a parfois besoin de temps pour trouver et prescrire le produit adapté.

L’acné ne se soigne pas en quelques mois : il s’agit d’une maladie chronique, évoluant par poussées, avec des phases de rémission. Lorsque ce trouble cutané apparaît, il est donc important d’être suivi par un dermatologue tous les deux ou trois mois pendant plusieurs années. Par ailleurs, l’acné se modifie au cours des années et impose de changer de type de traitement au fur et à mesure de son évolution.

Le jeune patient a besoin d’être soutenu, écouté et réconforté ; il ne doit pas “être lâché dans la nature” et se débrouiller seul avec son ordonnance et ses effets secondaires. « Les soins doivent être adaptés régulièrement à la réponse clinique, à la tolérance, à l’évolution de l’acné, aux autres paramètres (grossesse, pathologies en cours de traitement…), aux modifications du climat, en particulier l’été », insiste le Dr Nina Roos, dermatologue.

Source: SanteMagazine.fr

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