L’encéphalite à tiques bientôt sur la liste des maladies à déclaration obligatoire  ?

L’encéphalite à tiques (TBE) est une infection transmise par des tiques dures du genre Ixodes qui se traduit par de la fièvre, un tableau pseudo-grippal, voire des signes neurologiques. Bien que de faible incidence en France, le Haut Conseil de la santé publique recommande la mise en place d’une déclaration obligatoire des cas pour renforcer la surveillance de cette maladie.

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L’encéphalite à tiques (TBE) est due à un virus (Flavivirus) transmis à l’homme par la piqûre d’une tique infestée, essentiellement du printemps à l’automne. Il existe trois types de ce virus : européen transmis par la tique Ixodes ricinus, extrême oriental et sibérien. L’agence Santé Publique France affirme que la situation épidémiologique dans le pays est mal connue. Une vingtaine de cas sont diagnostiqués par an, essentiellement en Alsace et en Haute-Savoie, ou contractés à l’étranger suite à des activités de loisirs dans les zones boisées (campeurs, randonneurs, ramasseurs de champignons…). En Europe, les pays les plus touchés sont la République tchèque et l’Allemagne, et les pays baltes

Après une incubation d’une à deux semaines la maladie débute brutalement, avec de la fièvre, des maux de tête et des douleurs des muscles et articulations. « Ensuite apparaissent, chez 20 à 30% des malades, des symptômes dus à une atteinte du système nerveux central (encéphalite, myélite) ou périphérique parésie ou paralysie d’un membre). Les signes cliniques de l’atteinte centrale sont la prostration ou l’agitation, des tremblements, des troubles du comportement, des troubles de la vigilance ou de la conscience, parfois des convulsions ou le coma. Le décès est rare avec le sous-type viral européen mais les séquelles peuvent atteindre jusqu’à 40% des cas », précise l’Agence sanitaire.

Mettre à jour le nombre réel de cas en France

En France, la surveillance actuelle des encéphalites à tiques repose sur le Centre national de référence (CNR) des arboviroses mais ne permet pas un recueil détaillé des cas. Ceux-ci sont par ailleurs notifiés chaque année au Centre européen de prévention et contrôle des maladies (ECDC) qui assure un suivi annuel en Europe. Mais le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) dit regretter dans un récent rapport que cette notification repose sur des systèmesde surveillance hétérogènes en Europe : ainsi, les infections à TBEV sont à déclaration obligatoire dans 18 pays et la surveillance repose sur un CNR dans 6 pays (Belgique, Danemark, France, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni).

Ce dernier a en effet été saisi par la Direction générale de la santé en 2019 pour émettre des recommandations sur l’opportunité de faire figurer l’encéphalite à tiques sur la liste des maladies devant faire l’objet d’une déclaration obligatoire. Dans les conclusions de ce rapport, ses experts se prononcent en faveur de cette mesure, pour plusieurs raisons. Car ce type de surveillance permettrait de centraliser les données notamment si le nombre de laboratoires effectuant les tests augmente, d’uniformiser les collectes d’informations afin de suivre précisément l’évolution de cette maladie en France etd’améliorer le signalement des cas « dans un contexte d’infection probablement sous-diagnostiquée ».

Une maladie « émergente et mal connue »

Car c’est en mettant à jour plus régulièrement le nombre de cas de TBE que les pouvoirs publics pourront si nécessaire «envisager une politique publique de prévention », atteste le HCSP. Pour en arriver à cette conclusion, l’organisme a pris en compte plusieurs critères, notamment le constat que « la TBE est une maladie pour laquelle une évaluation de la situation est nécessaire pour définir un éventuel programme de prévention via la lutte contre les piqûres de tiques et éventuellement la vaccination ». S’ajoute à cela le fait que les infections à TBEV peuvent être graves avec des risques de séquelles et que plus de connaissances sont nécessaires « en raison du caractère émergeant ou mal connu de la maladie ».

Le HCSP estime néanmoins que cette décision devra s’accompagner de mesures pour être efficace. A commencer par le fait que les définitions des cas de TBE doivent être adoptées par le Centre européen de prévention et contrôle des maladies. « Les signes devant faire évoquer une infection à TBEV se résument de la façon suivante : syndrome pseudo-grippal se manifestant par des céphalées, des arthromyalgies, la fièvre, des signes méningés et un tableau de méningoencéphalite », note-t-il. Enfin, les médecins devraient être sensibilisés au risque et au diagnostic de cette maladie. A noter qu’en France, 34 maladies sont à déclaration obligatoire dont la rougeole, le tétanos, la dengue ou encore la rage.

Source: SanteMagazine.fr

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