Les piscines nagent dans le bonheur : elles peuvent rouvrir dès le 1er juillet… Voici les conditions

L’heure du grand plongeon dans les piscines belges approche. Fermés depuis plusieurs mois en raison de la pandémie de Covid-19, les bassins pourront rouvrir à partir de ce mercredi 1er juillet. “C’est une excellente nouvelle”, se réjouit Katty Dardenne, la directrice de la piscine Le Point d’Eau à La Louvière. “On attendait ce protocole avec impatience, explique Thibaud Wyngaard, échevin des sports à la commune d’Uccle qui gère la piscine Longchamps. Pour la ville d’Andenne et son échevin des Sports, une réouverture est par contre “techniquement impossible”. “Comment garantir les règles de distanciation et les sens de circulation ?”, questionne Vincent Sampaoli.

Si la date était connue de tous, le protocole d’accueil des nageurs tardait à arriver. “On avait besoin d’y voir plus clair”, poursuit l’échevin ucclois. Depuis le vendredi 26 juin en début d’après-midi, les piscines connaissent les conditions de réouverture. “Maintenant, il va falloir s’adapter”, ajoute la directrice de la piscine louviéroise.

Pas de nombre limite de nageurs, mais…

Le protocole ne fixe pas de nombre maximum de nageurs. La limite qui existait avant la pandémie reste d’application, c’est ce qu’on appelle la fréquentation maximale instantanée, soit le nombre maximum de baigneurs admis en même temps. Il s’établit en fonction de la taille des bassins et des installations.

Mais en réalité, les piscines prendront certaines mesures afin de respecter les distances sociales. La piscine de La Louvière accueillera 3 fois moins de monde que possible dans un premier temps. “On va évaluer la situation au fil du temps, indique Katty Dardenne. Une fois que les équipes seront rodées alors on augmentera la capacité.”

A la ville d’Andenne, l’analyse est faite. Elle a décidé de garder sa piscine de l’Andenne Arena fermée. “Si on fonctionne avec le protocole et les mesures d’hygiène, on ne peut accueillir que 26 nageurs par heure. Ce n’est pas possible”, observe Vincent Sampaoli. Dans le même temps, la direction de la piscine devrait tripler le personnel de nettoyage et doubler le nombre de maîtres-nageurs.

Des douches et des vestiaires accessibles

La capacité des piscines va être déterminée par la mise en place des nouvelles mesures de nettoyage et de désinfection. Les cabines et les douches, obligatoires avant et après chaque baignade, ce sont les grands enjeux de cette réouverture des piscines. “La difficulté, c’est un juste équilibre entre les vestiaires et les douches”, confirme Katty Dardenne. Les nageurs pourront se changer dans les cabines et mettre leurs effets personnels en sécurité.

Mais les piscines devront tout de même s’organiser car les vestiaires doivent être désinfectés après utilisation. “Si on doit bloquer une cabine par nageur pendant la durée de son bain, alors on réduit certainement de moitié la capacité d’accueil. Par contre, si on peut désinfecter après chaque passage, on peut accueillir plus de monde. On doit analyser ça”, indique l’échevin d’Uccle.

Au Point d’Eau à La Louvière, il y a 48 cabines. Les équipes devront réguler le flux de nageurs. “On ne va condamner aucun vestiaire. On va remplir chaque ligne de cabines et dès que cette ligne sera vide, elle sera désinfectée”, élabore la directrice de la piscine.

Les douches toujours obligatoires, mais à distance

Les directions de piscine devront faire respecter les distances sociales d’un mètre cinquante, y compris dans les douches. Certaines piscines devront donc condamner une douche sur deux ou sur trois ou installer des parois entre les douches. “Chez nous, les douches sont à un mètre cinquante l’une de l’autre, se réjouit Katty Dardenne, on peut toutes les exploiter.” Des shampoings et gels douches seront mis à disposition des nageurs pour se laver.

Les piscines devront donc respecter des conditions strictes pour accueillir les nageurs. Comme partout ailleurs, des circuits entrées et sorties seront nécessaires, y compris pour rentrer dans la piscine. D’ailleurs, pas question d’imaginer rester dans le bassin toute la journée, la baignade est limitée à une heure et la réservation est obligatoire.

Et pour le matériel de nage ?

Le protocole déconseille aux piscines le prêt de matériel, comme les planches, les boudins, les lunettes ou encore les bonnets. Si elles le font, une désinfection entre chaque utilisation est désormais obligatoire.

Par contre, si vous voulez apporter votre flotteur ou votre planche, ce n’est pas interdit, mais vous devrez les désinfecter avant l’entrée dans le bassin.

Les maîtres-nageurs aussi équipés

Les maîtres-nageurs attendent eux aussi le retour des activités. “On est impatient”, se réjouit Thierry Baudour. A quelques jours d’une réouverture, certains suivent des formations. “C’est important que les sauveteurs en piscine puissent travailler les adaptations qu’on a apportées aux protocoles d’intervention”, explique Simon Verdonck, coordinateur pédagogique à la Ligue Francophone Belge de Sauvetage.

Désormais, les sauveteurs doivent porter un équipement en cas de noyade : visière, masque FFP2, gants. Du matériel obligatoire avant d’intervenir sur la victime, une fois sortie de l’eau. “La ventilation de victime ne peut plus être faite que par deux personnes avec un ballon masque et des filtres pour éviter que le virus ne se propage au moment de l’intervention”, poursuit l’instructeur.

Certains bassins vont rouvrir, d’autres pas…

Malgré toutes ces nouvelles normes, certains employés et directions de piscines se réjouissent de rouvrir. “L’attente est énorme”, confirme Thibaud Wyngaard. On fera tout pour rouvrir.” La commune d’Uccle se laisse toutefois quelques jours pour évaluer l’impact financier de ces nouvelles mesures. Elle sait déjà qu’une réouverture le 1er juillet sera compliquée. “Il faut préparer et implémenter les mesures, indique l’échevin des sports. On va accueillir un maximum de nageurs, mais on ne bradera pas les conditions sanitaires”.

Depuis trois mois, l’eau est restée trouble dans les piscines et centres aquatiques. Pour certains, elle va le rester. A Andenne, les calculs ont été faits et impossible de rouvrir.Financièrement, c’est de l’irresponsabilité, justifie l’échevin des Sports. Les piscines de la commune namuroise sont déficitaires de 350.000 euros. Les conditions dans lesquelles le gouvernement demande de rouvrir ne feraient “qu’accentuer ce gouffre”, poursuit Vincent Sampaoli.

Mais pour d’autres, pas le choix, il faut rouvrir. “Il faut aller vers une reprise des activités”, conclut la directrice du Point d’Eau de La Louvière.

Source: rtbf.be

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