L’unité du Royaume-Uni mise à l’épreuve par la crise sanitaire

Après le Brexit, dont le potentiel de division n’en finit plus de se faire sentir, c’est aujourd’hui le Covid-19 qui met sérieusement à l’épreuve l’unité du Royaume-Uni et de ses « four Nations » (Angleterre, Ecosse, Irlande du Nord et Pays de Galles). Mercredi 14 octobre, Mark Drakeford, le premier ministre gallois, a fait une sortie dramatique, expliquant vouloir barrer l’accès du Pays de Galles aux Britanniques – notamment aux Anglais, venant de zones plus infectées par le coronavirus.

Les Gallois « sont anxieux » et « réclament » que des actions soient prises, a insisté le dirigeant local – un membre du Parti travailliste jusqu’à présent plutôt discret et conciliant vis-à-vis de Londres. « Nous sommes prêts à prendre des mesures pour éviter que les gens habitant des zones avec des taux d’infection supérieurs ailleurs dans le pays puissent venir au Pays de Galles et y amener le virus. Je suis déterminé à protéger la santé des Gallois. »

Tout comme l’Irlande du Nord et l’Ecosse, le Pays de Galles dispose d’importants pouvoirs « dévolus » : doté d’un parlement et d’un gouvernement, il gère lui-même les questions d’éducation, de justice et de santé. Si Cardiff est entré en confinement en même temps que Londres, le 23 mars, la capitale galloise s’est progressivement distinguée – tout comme l’Ecosse, avec une approche souvent plus prudente que le gouvernement britannique (le déconfinement y a par exemple été plus progressif).

Depuis fin septembre, de grands pans du Pays de Galles sont de nouveau soumis à des restrictions de circulation, alors que les taux d’infection ont grimpé comme partout ailleurs (avec pas loin de 100 cas positifs pour 100 000 habitants en moyenne, pour un total de presque 1 700 décès depuis le début de la pandémie).

Le Pays de Galles est cependant bien moins touché que la région de Liverpool, en Angleterre, à sa frontière nord, qui vient d’être placée en niveau d’alerte maximale par Londres, ses hôpitaux commençant à manquer de lits en soins intensifs. Mercredi soir, près de 20 000 nouveaux cas positifs au SARS-CoV-2 ont été enregistrés pour tout le Royaume-Uni.

Cela faisait plusieurs jours que Mark Drakeford haussait le ton, réclamant de Londres des actions concrètes : des restrictions de circulation précises pour les habitants des zones les plus infectées en Angleterre (principalement le Nord-Est, le Nord-Ouest et les Midlands). Le niveau d’alerte maximale s’appliquant à Liverpool (et peut-être, dans les heures qui viennent, à Manchester) comprend déjà une restriction de circulation « dans et hors de la zone », mais cela n’a pas semblé suffisant pour Cardiff.

Source: lemonde.fr

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