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Malgré les incendies, le cru 2022 des vins de Bordeaux n’aura pas le goût de fumée

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Les vins de Bordeaux issus des vignobles proches des incendies qui ont fait rage en Gironde cet été pourraient-ils avoir un goût de fumée ? Deux exemples récents, celui des vignobles de la Napa Valley, confrontés à de graves incendies en 2017 et 2020, et celui du massif des Maures (Var), qui a partiellement brûlé en août 2021, ont incité les professionnels bordelais à se poser la question. Certains vins californiens produits à partir de raisins récoltés à proximité des incendies avaient ainsi « un goût amer de cendrier en fin de bouche », rapporte Nicolas Quillé, directeur technique pour Crimson Wine Group qui possède six caves en Californie dans l’Oregon et Washington, et œnologue aux Etats-Unis depuis vingt-cinq ans.

La situation bordelaise a été abordée lors d’une conférence organisée mardi 30 août par l’Union des œnologues de France à l’institut des sciences de la vigne et du vin (ISVV), près de Bordeaux. L’objectif de l’événement, selon Didier Fages, président national de l’Union des œnologues de France : « Faire le point sur la situation et montrer qu’il y a des solutions. »

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Selon plusieurs experts, le calendrier et le sens des vents ont permis d’éviter la catastrophe. Les vins bordelais ne devraient pas être concernés par un potentiel goût de fumée, ni par des risques sanitaires liés aux fumées toxiques libérées par les incendies, et par les produits retardants utilisés par les Dash – avions bombardiers d’eau – pour éteindre les feux. « Les premiers résultats n’ont rien montré d’anormal », assure Didier Fages.

Les fumées toxiques peuvent être « traîtres car inodores » lors des premiers tests olfactifs et peuvent « se révéler dans la fermentation du vin », a mis en garde Pierre-Louis Teissedre, premier vice-président de l’Union des œnologues de France, en assurant tout aussitôt que les incendies qui ont ravagé en Gironde plus de 28 000 hectares de forêts parfois proches de vignobles, n’ont heureusement pas agi sur les raisins, les molécules issues de la combustion du bois n’ayant pas eu le temps de toucher les raisins pas encore matures. « Si le raisin n’a pas assez de sucre, ces molécules ne rentrent pas. » Mais, d’après le spécialiste, « ces résultats ne seraient pas les mêmes si les incendies avaient lieu actuellement », tandis que les vendanges précoces battent leur plein.

Source: lemonde.fr

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