Santé

Nouveau médicament contre Alzheimer : tout savoir sur l’Aduhelm

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ADUHELM

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L’Agence américaine des médicaments (Food and Drug Administration – FDA) a annoncé, lundi 7 juin, l’autorisation d’un nouveau médicament ciblant les causes de la maladie d’Alzheimer. Baptisé Aduhelm, il est produit par l’entreprise pharmaceutique Biogen. “C’est le premier traitement approuvé pour la maladie d’Alzheimer depuis 2003 et la première thérapie qui cible la physiopathologie fondamentale de la maladie”, souligne la FDA (source 1). 

La Dre Maï Panchal, directrice scientifique de la Fondation Vaincre Alzheimer, revient avec nous sur “l’approbation historique” de cette immunothérapie. 

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En quoi consiste ce nouveau traitement ?

Dre Panchal : “L’Aduhelm utilise un anticorps monoclonal humain baptisé aducanumab. Cette molécule s’attaque à la protéine bêta-amyloïde, qui, chez les malades d’Alzheimer, s’agrège sous forme de plaques autour des neurones et les empêchent de fonctionner normalement. Le médicament est administré par voie intraveineuse : l’anticorps circule dans le sang, traverse la barrière hémato-encéphalique (qui sépare la circulation sanguine du système nerveux central) et dissout les dépôts amyloïdes au niveau des tissus cérébraux.” 

Quels sont les effets bénéfiques de l’Aduhelm pour les patients ?

Dre Panchal : “Au cours des derniers essais cliniques menés par le laboratoire Biogen, on s’est aperçu que la réduction des plaques amyloïdes était corrélée à un effet bénéfique sur les symptômes : les équipes ont observé un ralentissement du déclin cognitif des malades d’Alzheimer. 

On ne peut pas encore crier victoire, car il ne s’agit pas d’une amélioration, mais bien d’un ralentissement du déclin des fonctions cognitives. Ce n’est pas un traitement curatif. On ne sait toujours pas stopper l’évolution de la maladie d’Alzheimer. L’objectif de l’Aduhelm ne permet donc pas d’éradiquer la maladie, mais de vivre avec, au mieux, en conservant son autonomie le plus longtemps possible.”

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Qui sont les patients concernés par cette immunothérapie ?

Dre Panchal : “Les deux essais cliniques ont été menés sur des patients atteints d’Alzheimer à un stade précoce. L’Aduhelm devrait donc être efficace au début de la maladie, lorsque les symptômes sont encore légers. Un essai clinique à venir devrait apporter plus de précision sur le profil idéal des patients et des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer la fréquence, la durée et la posologie du traitement. Pour les malades à un stade plus avancé, on risque malheureusement de ne pas voir d’amélioration cognitive.”

Quels sont les effets secondaires possibles d’Aduhelm?

Dre Panchal : “Les effets secondaires de cette immunothérapie concernent 2 % des patients. Le laboratoire relève principalement des maux de tête et des chutes, parfois des réactions allergiques gravespendant la perfusion : gonflement du visage, des lèvres, de la bouche ou de la langue et urticaire (source 2). Mais ce qui paraît plus difficile à surveiller et prendre en charge, c’est l’effet ARIA (anomalies d’imagerie liées à l’amyloïde) : des microsaignements ou des œdèmes dans certaines régions du cerveau, qui nécessitent un suivi par IRM. Ce suivi médical semble assez lourd et n’a pas encore été précisé par le laboratoire.”

Pourquoi ce médicament a-t-il bénéficié d’une procédure d’urgence ? Quelles sont les prochaines étapes ?

Dre Panchal : “La FDA a mis en place une procédure d’autorisation accélérée (l’équivalent d’une autorisation temporaire d’utilisation en France). C’est une procédure relativement courante Elle accepte l’utilisation du traitement, à condition que le laboratoire Biogen conduise des essais cliniques supplémentaires, post-autorisation, pour vérifier les bénéfices cliniques du médicament. Si les résultats s’avèrent décevants, elle retirera son autorisation. 

Au niveau scientifique, on reste assez mitigé pour le moment. Les deux premiers essais présentés par Biogen étaient identiques. L’un s’est avéré positif – l’aducanumab a bien permis un ralentissement du déclin cognitif. Mais l’autre s’est plutôt avéré négatif. Dans un premier temps, le comité consultatif de la FDA a donc émis un avis défavorable à sa commercialisation. Puis, sous la pression des associations de patients américaines, elle a finalement choisi la procédure accélérée qui lui permet d’exiger un essai clinique supplémentaire.

Dans un premier temps, les patients qui pourront bénéficier du traitement Aduhelm sont ceux qui seront recrutés dans l’essai clinique post-autorisation. Mais tant que le laboratoire n’aura pas fourni de données précises concernant ses modalités d’administration (à qui s’adresse le médicament ? combien de temps dure le traitement ? où peut-il être administré ? quel suivi pour les patients ?), il est possible que ce traitement soit utilisé de manière inappropriée chez des patients à un stade avancé de la maladie.”

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L’Aduhelm pourrait-il être autorisé en France ?

Dre Panchal : “L’Aduhelm pourrait potentiellement être autorisé en Europe, puis en France à moyen terme. On espère que Biogen soumettra un dossier à l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans le courant de l’année 2021. Le laboratoire n’a pas encore communiqué à ce sujet, mais la décision prise par la FDA permettra certainement d’accélérer les procédures.”

Où en est la recherche de traitements contre la maladie d’Alzheimer ?

Dre Panchal : “Plus de 126 molécules sont actuellement en cours d’essais cliniques à travers le monde. 28 molécules sont évaluées en phase 3 d’essais cliniques. Parmi elles, certaines ciblent uniquement les symptômes de la maladie d’Alzheimer, d’autres ciblent des facteurs comme la protéine tau, la neuro-inflammation ou les troubles vasculaires, d’autres encore, ciblent la protéine bêta-amyloïde (trois immunothérapies actuellement en phase 3 d’essais cliniques). 

Des progrès considérables ont été réalisés depuis quelques années, mais ils prennent du temps. La bêta-amyloïde par exemple, a été découverte en 1984 et il a fallu attendre 37 ans pour développer une immunothérapie qui semble produire des effets intéressants. C’est une source immense d’espoir pour les malades et leurs familles, mais il faut rester prudent et continuer à soutenir la recherche.”

Source: SanteMagazine.fr

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