Santé

Peau noire : spécificité structurelle et fonctionnelle !

Peau noire : spécificité structurelle et fonctionnelle !

La peau dite noire varie en fait du brun clair au brun sombre suivant les ethnies ou le degré de métissage, avec un véritable continuum de coloration, sans limite clairement définie entre les « Blancs » et les « Noirs ».

Il existe cependant des différences physiologiques et pathologiques entre ces deux types de peau, qui bien que souvent minimes, entraînent une modification de l’aspect et de l’évolution des dermatoses.

  • Épiderme :

    La couche cornée n’est pas plus épaisse que celle des peaux blanches. Elle semble plus dense, avec sans doute un plus grand nombre de couches de cornéocytes. Cela explique la plus grande résistance à la coupure ou à la piqûre de l’épiderme. Cet aspect pourrait expliquer la tendance à l’hyperkératose des peaux noires, responsable d’un aspect très squameux, voire croûteux ou verruqueux, des dermatoses les plus banales. Il semble que la peau noire se déshydrate plus facilement que la peau blanche, avec une perte transépidermique en eau plus élevée.

 

  • Derme :

    Le derme est épais et compact, avec de nombreux faisceaux de fibres de collagène parallèles à la surface. Une particularité est la présence de nombreux fragments de fibres de collagène répartis dans tout le derme, tandis qu’ils sont rares dans les peaux blanches. Le réseau vasculaire du derme superficiel semble plus important, ainsi que le réseau lymphatique.

Les fibroblastes sont nombreux, souvent hypertrophiés, avec un appareil de Golgi et un réticulum endoplasmique très importants. Cela semble être le reflet d’une hyperactivité métabolique du derme, qui expliquerait deux types de réactions, non spécifiques, mais très fréquentes sur peau noire : la lichénification et les cicatrices chéloïdiennes.

Les fibres élastiques sont moins nombreuses et de structure un peu différente. En revanche, elles sont protégées efficacement contre l’élastose solaire et persistent même dans le derme du visage des sujets âgés. Cela explique le retard d’apparition des signes de vieillissement cutané par rapport aux peaux blanches.

 

  • Pigmentation :

    Le nombre de mélanocytes semble identique dans les peaux noires et dans les peaux blanches, mais leur fonctionnement est différent.

Les mélanocytes de la peau noire ont des ramifications plus importantes et un appareil de synthèse très développé. Ils fabriquent des mélanosomes de grande taille qui se répartissent dans tout l’épiderme, jusqu’aux couches superficielles, mais aussi dans le derme. Ils sont répartis en complexes comme dans la peau blanche, ou libres dans le cytoplasme des mélanocytes et dans l’épiderme. Enfin, il n’y a pas de dégradation lysosomiale de ces mélanosomes qui persistent dans l’épiderme jusqu’à la desquamation de celui-ci.

Cette pigmentation est une protection efficace contre le soleil, qui explique la rareté des brûlures, des allergies solaires et des cancers cutanés liés au soleil : carcinomes baso- ou spinocellulaires et mélanomes.

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