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Quelles sont les affections prurigineuses spécifiques de la grossesse ?

Quelles sont les affections prurigineuses spécifiques de la grossesse ?

Le prurit est un signe observé dans 1 à 18% des grossesses. Il peut être la traduction des modifications physiologiques produites par la gestation, correspondre à une maladie intercurrente ou préexistante, ou être le symptôme principal d’une affection spécifique de la grossesse.

affections prurigineuses grossesse

Parmi ces affections, certaines sont probablement intercurrentes à la gestation, d’autres sont d’individualisation discutable.

Affections d’individualisation indiscutable :

Le prurit gravidique :

Le PG correspond à une cholestase intrahépatique définie par des critères cliniques et biologiques précis, induite par des médiateurs hormonaux et/ou métaboliques, survenant sur un terrain prédisposé génétiquement.

Critères diagnostiques du prurit gravidique :

  1. Début du prurit lors de la grossesse.
  2. Persistance des symptômes jusqu’à l’accouchement.
  3. Disparition spontanée dans le post-partum immédiat (inférieure à 7 jours).
  4. Récurrences induites lors d’une nouvelle gestation ou par la prise d’oestroprogestatifs.
  5. Absence d’hépatopathie évolutive.
  6. Absence de prise médicamenteuse hépatotoxique.
  7. Élévation des titres sériques des sels biliaires totaux et/ou des transaminases hépatiques.
  8. Antécédent personnel ou familial de prurit survenant en cours de gestation ou après la prise d’oestroprogestatifs.

La pemphigoïde gestationis :

ou HG, est une dermatose bulleuse auto-immune de la jonction dermo-épidermique, induite par la grossesse, plus rarement par la prise d’oestroprogestatifs, et exceptionnellement par des tumeurs trophoblastiques (môle hydatiforme, choriocarcinome ovarien).
L’HG débute dans 60 % des cas entre la 28e et la 32e semaine d’aménorrhée, et dans 20 % des cas dans les 7 jours suivant l’accouchement. Des formes précoces, dès la deuxième semaine de gestation, sont possibles.

Le prurit est constant. Il précède de 1 à 4 semaines l’éruption. Il débute et prédomine à l’abdomen. Il est souvent intense et insomniant.

L’éruption débute dans 50 à 80 % des cas en région péri ombilicale et s’étend de façon centrifuge au reste du corps. Des atteintes des muqueuses buccale et vaginale, du visage, des extrémités palmoplantaires sont possibles.

Affections intercurrentes :

Impétigo herpétiforme :

l’IH est une dermatose pustuleuse survenant en cours de grossesse et s’intégrant dans le cadre des psoriasis pustuleux.
L’IH est une affection rare, atteignant dans 68 % des cas des femmes sans antécédent personnel ou familial de psoriasis. Aucune prédisposition génétique n’a été établie.

L’IH débute dans 82 % des cas au cours des deuxième et troisième trimestres de gestation, exceptionnellement au cours du post-partum immédiat.

Le prurit est intense. Il précède de quelques jours l’éruption constituée par des placards érythémateux inflammatoires, à limites nettes, d’évolution centrifuge, confluant en larges nappes.

Des micros pustules de 1 à 2 mm de diamètre, non folliculaires, apparaissent sur ces plaques. Elles sont superficielles, d’un blanc laiteux. L’éruption siège principalement dans les grands plis de flexion. Aucune partie du corps n’est épargnée. Les régions palm plantaires, le cuir chevelu, le visage, les muqueuses aérodigestives supérieures, anales, vaginales peuvent être atteintes.

Dermatite auto-immune à la progestérone de la grossesse :

La dermatite auto-immune à la progestérone (DAIP) n’est pas spécifique de la grossesse. Cette affection rare est caractérisée par la survenue cyclique, 7 à 10 jours avant les règles, d’une éruption cutanée polymorphe disparaissant en 1 à 3 jours après les menstruations. L’éruption associe des lésions à type d’érythème polymorphe, des lésions acnéiformes, des lésions urticariennes et/ou dysidrosiformes.

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