Santé

Sommeil : une quantité adaptée dès le plus jeune âge protègerait la vision

Publicité

_

Témoignage : Vivre avec l'eczéma (Vidéo)

Télétravail, pass sanitaire, restos, concerts : ce qui change mercredi 9 juin

Dès son plus jeune âge, il est possible de suivre quelques bonnes habitudes pour préserver sa vision. Notamment un bon usage des écrans, le port de lunettes de soleil ou encore une alimentation riche en vitamines et oméga-3. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Inserm* montre qu’une bonne hygiène de sommeil a aussi son importance, et non des moindres. Les chercheurs ont travaillé à partir de la cohorte EDEN, composée d’enfants suivis depuis le dernier trimestre de grossesse de leur mère jusqu’à l’âge de 5 ans (même jusqu’à 10 ans pour certains d’entre eux), et dont l’objectif est de déterminer les facteurs ayant un impact au cours de l’enfance susceptibles d’influencer la santé à l’âge adulte.

Dans la revue Scientific Reports, les chercheurs expliquent s’être intéressés à ce sujet précis car la prévalence de la myopie progresse rapidement dans le monde. Estimée à 25% de la population, elle pourrait atteindre 50% d’ici 2050, avec son lot de complications : difficultés d’apprentissage ou de travail, céphalées, contraintes liées au port de lunettes… « Connaître les causes de cette tendance permettrait de mettre en place des actions préventives pour tenter de l’inverser. Or il a été montré chez l’animal, en l’occurrence chez le poussin, que la perturbation du rythme circadien (qui régule le fonctionnement de l’organisme sur un cycle de 24 heures) entraîne des troubles de la vision. », notent-ils.

Publicité

Un effet cumulatif du sommeil et du temps d’écran

Cette perturbation a été provoquée par l’exposition anormale des animaux à la lumière, considérée comme l’un des plus puissants (dé)régulateur du rythme circadien. Le mécanisme est déjà connu : captée par la rétine, une émission de lumière prolongée retarde l’endormissement et altère le rythme du sommeil. C’est pourquoi les chercheurs ont émis l’hypothèse que des troubles du sommeil peuvent être associés à des problèmes de vision chez les enfants. Pour tester cette possibilité, ils se sont appuyés sur les données de 1130 enfants de la cohorte Eden, dont leurs habitudes de sommeil à l’âge de 2 ans et la qualité de leur vision à 5 ans (port de lunettes pour myopie, hypermétropie, autre trouble de la vision).

Dans cette cohorte, 20% des enfants de 5 ans portaient des lunettes et l’analyse a montré une association en forme de U entre sommeil et vision : les enfants qui dormaient peu à 2 ans avaient plus de risques d’avoir des lunettes à 5 ans, comme ceux qui dormaient beaucoup. Alors que la durée moyenne de sommeil est de 11 heures et 5 minutes à l’âge de 2 ans, ceux qui dormaient moins de 10 heures et 45 minutes avaient, à 5 ans, un risque supplémentaire de porter des lunettes de 43%. Pour le tiers des enfants qui dormait le plus, ce risque était de 49%. Un résultat semblable a aussi été observé chez ceux qui se couchent tardivement à l’âge de 2 ans (l’heure moyenne de coucher était 20h36).

L’importance d’un sommeil de quantité et de qualité jusqu’à l’adolescence

Selon l’équipe, « ces associations restent significatives même si l’on tient compte de facteurs susceptibles d’influencer les résultats, en particulier le temps passé devant les écrans, facteur de risque de myopie connu ». À 5 ans, ce “temps d’écran” était de 1 heure et 24 minutes par jour en moyenne dans la cohorte, et le risque de porter des lunettes augmentait de 23% par heure d’écran, indépendamment de la durée de sommeil. Par ailleurs, le risque associé à la durée du sommeil et celui associé à l’exposition aux écrans se cumulent : les enfants qui dormaient peu ou beaucoup à 2 ans, et exposés à 1 heure et 24 minutes d’écran par jour à 5 ans, étaient deux fois plus nombreux à porter des lunettes que ceux qui dormaient normalement à 2 ans et n’étaient pas exposés aux écrans.

« Des études déjà parues sur la vision d’enfants plus âgés mettent en évidence un lien entre myopie et temps passé à l’intérieur, notamment sous lumière artificielle, à étudier, lire, regarder des écrans… Nos travaux indiquent qu’un trouble de la vision pourrait apparaître beaucoup plus précocement, en lien avec une quantité de sommeil inadaptée à l’âge de 2 ans. », explique Sabine Plancoulaine qui a mené l’étude. « Il n’est pas exclu que l’influence du sommeil sur la vision se prolonge jusqu’à l’adolescence, stade auquel l’œil cesse de se développer. » Pour les chercheurs, ce résultat plaide donc pour un sommeil adapté et de qualité dès le plus jeune âge. Et ce « sachant que les enfants en tireront également un bénéfice pour leur santé psychique ou métabolique. », conclut Sabine Plancoulaine.

*chercheurs au Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (CRESS, Paris) 

Source: SanteMagazine.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page