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Tournoi des six nations : les Bleus croquent le « crunch » et réussissent leur rentrée

On leur promettait l’enfer. La « violence physique » et la « brutalité ». Mais dimanche 2 février, pendant soixante minutes, les diables étaient français. Pour son entrée en lice dans le Tournoi des six nations, l’équipe de France de rugby version Fabien Galthié a réussi ses débuts. Et marqué son territoire, à domicile, en prenant le meilleur sur les vice-champions du monde anglais (24-17). Mais si le résultat final change par rapport aux résultats récents du XV de France, le scénario de la rencontre a semblé familier.

Pendant une heure, les coéquipiers du néocapitaine Charles Ollivon ont surclassé le XV de la Rose, infranchissables en défense et inspirés en attaque, en dépit de conditions météorologiques guère propices au beau jeu. Le Basque de Toulon a débuté son mandat de deux essais, après celui inscrit dès l’entame de la partie par Vincent Rattez. Muets, et dominés, les Anglais ont dû attendre la 56e minute de jeu pour ouvrir leur compteur. Et n’ont pas inscrit le moindre point en première période d’une rencontre du Tournoi pour la première fois depuis 1988.

« Attendez-vous à une présence, un engagement total. A des joueurs qui vont jouer avec passion », avait prévenu Fabien Galthié. Qui a plus que réussi son pari. Et à la différence des joueurs anglais, encore en « gueule de bois » de leur défaite en finale de la Coupe du monde selon leur sélectionneur, les Bleus ont répondu présent. « On a fait trop d’erreurs et ils ont su capitaliser dessus », a pesté le capitaine anglais, Owen Farrell.

Bien que largement remaniée et très rajeunie, l’équipe de France reste construite sur les fondations de celle ayant pour – fâcheuse – habitude de s’égarer en seconde période. Et le scénario fatidique, vécu notamment en quarts de finale du Mondial face au pays de Galles, a manqué de se reproduire, faisant frissonner le stade de France, pourtant enthousiaste.

Ne parvenant pas à mettre en place leur jeu, les Anglais ont joué libéré, et sur les ailes du virevoltant Jonny May, auteur d’un doublé après avoir passé en revue la défense française, le XV de la Rose a recommencé à piquer, une fois l’heure de jeu passé. Moins efficaces, se mettant plus à la faute, les Bleus incarnés par une nouvelle génération (Haouas, Marchand, Baille, Cros, Bouthier) se sont fait peur. Mais derrière un Gaël Fickou exemplaire, en capitaine de la défense, et un Grégory Alldritt survolté, la France a « remporté le bras de fer », s’est félicité Charles Ollivon après la rencontre.

Solidaires, au point de se jeter à plusieurs sous un adversaire pour l’empêcher d’aplatir un essai en fin de match, les Bleus ont plié sans rompre. A un quart d’heure de la fin, ne menant plus que de dix points après en avoir compté vingt-quatre d’avance, les Bleus se sont arc-boutés. Mais jamais leur fébrilité n’a atteint le point de rupture. Et les hommes de Galthié se sont appuyé sur une force mentale nouvelle pour achever la rencontre avec la victoire.

« Les quinze dernières minutes, on a fait le dos rond, a reconnu l’ailier Vincent Rattez, titularisé en dernière minute après la blessure, samedi, de Damian Penaud. On a pris de l’avance en première mi-temps et on a su garder le score, ce qui n’était pas chose facile les années précédentes, donc c’est un soulagement. »

« Ce qui a fait que l’on emporte, c’est l’investissement des joueurs, le travail et leur solidarité », a insisté Fabien Galthié après le match. Avant de lister tous « les petits détails » ayant contribué à la bonne atmosphère autour de son équipe, à commencer par les coudées franches que lui ont laissé les clubs du Top 14, pour préparer le Tournoi à 42, et non 31 comme ses prédécesseurs. « Ce n’est que le début, mais c’est une belle journée pour le rugby français », a complété son acolyte, Raphaël Ibañez, manageur général des Bleus.

« Donnez du crédit à la France, a conclu le sélectionneur anglais Eddie Jones en conférence de presse, déçu du début de match des siens, mais s’accommodant de leur réaction. Ils ont été excellents en première période. » Incapables de franchir une nouvelle fois le rideau français, les Anglais ont choisi d’achever la rencontre par une ultime pénalité de Farrell, plutôt que d’aller tenter un dernier essai. Une pénalité qui, si elle offre à l’Angleterre le point de bonus défensif, expose surtout une nouvelle réalité : désormais, les adversaires des Bleus ne se disent plus qu’ils peuvent inverser la tendance en fin de match. Pas la moindre des victoires pour Fabien Galthié.

Le nouveau sélectionneur français avait fixé pour mission à ses hommes de « regagner des matchs, vite ». La première étape est franchie. Et si le chemin est long, la partie restant loin d’avoir été parfaite, la partition jouée par ses hommes peut le satisfaire. « Ils jouent l’Italie la semaine prochaine ? Bonne chance », a lancé Eddie Jones. Que l’on interprétera comme une mise en garde aux Transalpins, sèchement battus en ouverture par le pays de Galles, samedi (42-0). S’il est trop tôt pour claironner au « retour » des Bleus, ils ont renoué avec la victoire d’un match serré. Et après les récentes années de disette, ils ont le droit de savourer.

Source: lemonde.fr

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