Santé

Un filtre présent dans des crèmes solaires se transforme en un composé cancérigène en vieillissant

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Comme la plupart des produits de soins pour la peau, les crèmes solaires doivent être utilisées de préférence dans les douze mois suivant l’ouverture. Et même s’il existe quelques astuces pour les conserver le plus longtemps possible il est plus que recommandé de bien respecter la durée de conservation indiquée par le symbole qui représente un pot au dos de l’emballage.

L’octocrylène se dégrade en benzophénone

Une équipe de chercheurs franco-américaine, dont le CNRS, alerte en effet sur le fait qu’un filtre organique de protection solaire fréquemment utilisé dans l’élaboration des écrans solaires et crèmes anti-âge, l’octocrylène, se dégrade au sein des flacons en un composé cancérigène et perturbateur endocrinien : la benzophénone.

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Les chercheurs précisent que les industries qui produisent de l’octocrylène savent que cette molécule est contaminée par de la benzophénone, et que cette dernière ne peut être éliminée dans sa totalité lors de la production d’octocrylène. En outre, la concentration en benzophénone dans les produits manufacturés à base d’octocrylène est considérée comme « négligeable » par l’industrie cosmétique. « Or, l’octocrylène se dégrade naturellement en benzophénone au sein même des conditionnements », notent-ils. Au cours de son étude publiée dans la revue Chemical Research in Toxicology, l’équipe a découvert que cette substance était présente dans la quinzaine de produits commerciaux testés.

Dangereux pour la santé et pour l’environnement

Par ailleurs, les scientifiques ont démontré que la concentration en benzophénone dans ces cosmétiques augmente rapidement avec le vieillissement du produit. Selon eux, « la communauté scientifique et l’industrie cosmétique admettent que l’octocrylène et la benzophénone sont facilement absorbés par la peau. » Une étude précédente avait ainsi démontré que l’absorption cutanée de benzophénone dans l’organisme peut dépasser 70 %, un argument de poids en faveur de l’interdiction réglementaire de ce produit et de l’octocrylène dans les parfumset autres produits topiques. À ce titre, l’octocrylène ne satisfait plus aux critères de sécurité de la Food et Drugs Administration (USA), l’Agence américaine du médicament.

Et ce d’autant plus que « les données scientifiques accumulées indiquent qu’il pourrait être toxique pour la reproduction, et perturbateur métabolique et endocrinien », ajoutent les chercheurs. Enfin, une autre recherche française publiée en 2018 dans la revue Analytical Chemistry avait conclu que l’octocrylène est décrit comme toxique pour l’environnement : il affecte notamment les coraux dans les zones de baignade et diminue potentiellement la résilience des récifs coralliens au changement climatique. Le fait que les produits à base d’octocrylène soient contaminés par de la benzophénone en quantité non négligeable remet donc en question la sécurité de ces produits pour l’usage public.

Le principe de précaution doit s’appliquer

À ce jour, l’octocrylène a déjà été interdit dans les produits de protection solaire dans certains territoires comme les îles Vierges américaines ou la république des îles Marshall. Les produits cosmétiques contenant de l’octocrylène sont également interdits en République des Palaos (Micronésie) depuis le 1er janvier 2020. Comme l’explique Le Monde qui relaie l’étude, les crèmes solaires et anti-âges achetés (de marques comme Garnier, Bioderma, Uriage, La Roche-Posay ou L’Oréal) ont subi un procédé de vieillissement accéléré validé aux Etats-Unis, et équivalent à un an passé à température ambiante. Puis ils ont été analysés à l’aide d’un spectromètre de masse de haute performance.

« Au départ, il y a très peu de benzophénone dans les produits. Mais progressivement avec le vieillissement du produit, il y en a de plus en plus. Des augmentations de benzophénone dépassant les 100% et même atteignant les 200 % ont ainsi été observées. C’est la première fois que l’on montre cette dégradation de l’octocrylène en benzophénone », indique Philippe Lebaron, du laboratoire de biodiversité et biotechnologie microbienne de l’Observatoire de Banyuls-sur-Mer, coauteur de l’étude. Or, le CIRC* a classé la benzophénone comme « cancérogène possible pour l’humain » tandis qu’aux Etats-Unis, elle figure sur les listes des substances cancérigènes et des perturbateurs du développement.

Selon les chercheurs, cette nouvelle étude a son importance puisqu’elle apporte de nouvelles preuves scientifiques pour faire valoir que les produits à base d’octocrylène, et donc contaminés par de la benzophénone, peuvent constituer une menace pour la santé publique ainsi que pour l’environnement. « Nos résultats plaident en faveur de la mise en place de régulations dictées par le principe de précaution dont l’objectif serait la protection de la santé publique et de l’environnement », concluent-ils. Ces derniers prônent donc leur interdiction dans les cosmétiques sachant qu’on peut aussi retrouver l’octocrylène dans des crèmes autobronzants ou encore des shampoings.

Source: SanteMagazine.fr

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