Un réseau de prostitution colombien démantelé en région parisienne

[DAMIEN MEYER / AFP]

Neuf personnes ont été interpellées dans l’enquête lancée début 2019 sur la prostitution de femmes d’origine colombienne. Cinq individus ont été placés en détention provisoire pour proxénétisme aggravé et traite d’êtres humains, trois sont placés sous contrôle judiciaire et une garde à vue est toujours en cours.

 
C’est une organisation criminelle extrêmement rodée qu’ont mis à jour les enquêteurs de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (Ocrteh). Depuis la Haute-Savoie où ils étaient basés, neuf individus, colombiens, sont suspectés d’avoir piloté un réseau de prostitution en région parisienne. 
Réseau dans lequel ils faisaient travailler des femmes qu’ils faisaient venir de Colombie, privées de leurs papiers à l’arrivée. Une quarantaine de victimes ont été identifiées, âgées de 20 à 40 ans. “Elles ne parlent pas français, travaillaient sans pause, sans jour de repos, elles se prostituaient dans des appartements loués sur des plateformes et en changeaient sans cesse“, explique la commissaire Elvire Arrighi, à la tête de l’Ocrteh.
 
 
Les proxénètes, eux, avaient mis sur pied un réseau structuré, où les victimes n’étaient quasi-jamais en contact avec eux. L’un se chargeait de recruter les femmes en Colombie et dans certains autres pays d’Amérique latine, l’autre s’occupait de mettre en place les lignes téléphoniques, de les gérer sur le mode d’un standard, quand d’autres se consacraient à la recherche d’appartements ou devaient récupérer l’argent des prestations. Ils n’étaient pas spécialement connus des services de police et avaient des liens familiaux ou amicaux entre eux.
 
Les enquêteurs de la Police judiciaire pensent que les malfaiteurs sévissaient depuis 2015, à raison de plus de 100.000 euros de gains par mois. “C’était un trafic très juteux“, poursuit la commissaire Arrighi. “Il s’agit d’une affaire emblématique de la structuration des réseaux criminels où il faut protéger les victimes de leur propre consentement. Elles percevaient la moitié de l’argent des passes et ne s’estimaient pas exploitées parce qu’elles envoyaient leur paie à leur famille en Amérique latine.”

 

Source: cnews.fr

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